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vendredi 26 septembre 2014

Retour après l'aide à une auto-édition

Bonjour les amis. Voilà un moment que je n'ai plus donné signe de vie. J'ai aidé bénévolement une amie à auto-éditer trois ouvrages qu'elle avait sous le coude.

Depuis cette nuit, ils sont enfin disponibles chez Lulu.com, ce site qui imprime au fur et à mesure des commandes les livres qui ont été déposés chez lui. Avantage par rapport avec des éditeurs classiques : l'auteur reste le seul maître de son ouvrage jusqu'au bout. 

Trop d'éditeurs en prennent largement à leur aise avec le manuscrit original, et comme les droits leur sont transférés,  l'auteur ne peut que s'opposer en bloc aux modifications envisagées.

Donc, ces trois œuvres sont, ou vont être très rapidement disponibles.

- "Et l'espérance jaillit du gang", un roman se passant dans les glauques rues et taudis du Bronx des années 80. Les faits, romancés bien entendu, sont partis de situations et péripéties réelles. Les acteurs principaux du drame existent réellement.
 




- "Au cœur de la pègre américaine", une étude sur la faune des quartiers défavorisés, sur la police, sur les intervenants sociaux divers. Étude très fouillée, car l'auteur a eu la chance peut-être unique de pouvoir étudier les archives de la police new-yorkaise, même les plus confidentielles, les plus "privées". Elle explique pourquoi. Elle a également accompagné les patrouilles de police, vécu avec les missionnaires qui sont souvent les seuls soutiens de ces habitants, et aussi avec certains intervenants sociaux "laïcs" ; elle a bien entendu pu discuter directement avec les marginaux, souvent jeunes, qui survivent de façon souvent violente.





La création de ces deux ouvrages lui a pris dix ans.

Quant au troisième opus, il s'agit d'une autobiographie. Elle en avait déjà écrit une grand partie à la fin des années 70. En l'état, déjà, Laffont était prêt à la publier. Deux comités de lecture successifs avaient donné leur feu vert, mais le patron de l'époque avait opposé son veto, parce qu'elle était trop jeune encore pour cet exercice (elle avait une trentaine d'années). C'est donc ce manuscrit, revu, corrigé et complété, qui est proposé maintenant.




Il faudra noter que je ne partage pas toutes les options, opinions et croyances de l'auteur. Cependant, suffisamment de façons de voir les choses nous rapprochaient, pour tenter l'aventure ensemble. Et c'est une aventure ! Ceux qui se sont lancés déjà dans l'auto-édition comprendront. D'autant qu'il y avait là trois ouvrages à préparer à la fois.

L'auteur souhaite avant tout faire partager à tous ses aventures, ses expériences, ses passions, ses coups de cœur. Des coupeurs de têtes du nord de l'Amazonie aux clochards parisiens, des "beaux quartiers" de Paris où elle passé son enfance aux gangs de rue ou à moto (émules des Hell's Angels de San Francisco), de la région de Las Hurdes, située en Espagne, mais que les Espagnols eux-mêmes souvent ignorent - voir le film de Buñuel qui leur a été consacré - à l'ambiance de FR3 Alsace où elle a été longtemps journaliste, c'est tout un monde improbable qui se déploie au gré des trois ouvrages.

Ajoutons que, journaliste, elle a écrit d'autres ouvrages, dont l'un fut couronné par l'Académie Française. Ce qui lui donna l'idée, en 1976, d'avoir la hardiesse de briguer le fauteuil de Robert Aron à cette même Académie. Bien que ce fût l'Année de la Femme, elle fut bien entendu recalée (bien trop jeune, femme, politiquement engagée, c'était beaucoup). C'est Maurice Rheims qui obtint plus tard le droit de porter l'habit vert à cette même place.





Je suis heureux d'avoir pu contribuer, en amateur souvent perplexe pour résoudre les petits ennuis qui ont émaillé cet "accouchement", à ce que je considère comme une triple réussite. Et merci, Chantal, de m'avoir permis de partager cette aventure.

mardi 26 août 2014

Quelle Europe voulons-nous, quelle Europe fantoche on nous a imposé ?

Qui ne parle d'Europe, d'Europe, d'Europe  ? Encore faudrait-il définir ce dont on parle. Est-ce  celle qui, comme la définissait De Gaulle, s'étend "de l'Atlantique à l'Oural" ?  Si selon la géographie physique, cela se tient, les "rois" (pour simplifier le qualificatif) en ont pris à leur aise avec cette conception naturelle. Il est amusant de voir combien les frontières qui la divisent plus ou moins arbitrairement ont fluctué à travers les siècles.





CETTE Europe qui nous tient dans ses serres aujourd'hui date de loin. Pourquoi Hitler a-t-il été si soutenu financièrement par les banquiers et industriels étatsuniens ? C'était bien avec une vision à long terme. Il n'a été lâché que quand il a voulu n'en faire qu'à sa tête, à partir de 1941. Dès 1943-44, Monnet et Schuman étaient "en stage" aux States, c'étaient les prédécesseurs de ceux qu'on appelle maintenant "les Young Leaders". Si on veut savoir qui sont nos ennemis, penser Washington + Wall Street + City of London. Cela ne date pas d'hier, voir qui était William Pitt, qui s'est toujours opposé à Napoléon, au point de lui faire commettre des erreurs.

L'Angleterre s'est toujours opposée à la création d'une Europe continentale unie (dont elle n'aurait de toute façon pas fait partie). En revanche, cette pseudo-Europe qui n'existe que du point de vue économique agrée à Londres et Washington, puisque ce sont ces deux entités gouvernementales qui mènent la danse. L'union européenne n'est qu'une colonie des anglo-saxons, avec l'avantage qu'il est possible d'y aller à pied sec grâce au tunnel sous la Manche. A-t-on remarqué que l'Europe tout entière est à peine aussi grande que le Canada tout seul ? Et hop ! un Dominion de plus. Avec des esclaves en voie de fructueuse paupérisation. La pompe est très bien amorcée.

L'Europe que l'on peut aimer doit au moins avoir été désirée par ceux qui accepteraient politiquement d'en faire partie. Il faudrait donc pour cela quitter ce qui n'est qu'un montage financier à grande échelle, pour redéfinir ensemble pourquoi nous, citoyens, voulons être ensemble. La France est depuis des siècles le fruit d'un consensus enthousiaste, dont les points d'orgue furent la Fête de la Fédération et la victoire de Valmy.  Déjà, dès 1214 (il y a donc neuf cents ans !) ce fut une coalition des seigneurs français ET des milices communales qui a permis de remporter une victoire retentissante à Bouvines face à un front européen des ducs, empereurs, comtes et autres grands seigneurs.  Ce désir commun de travailler ensemble doit se retrouver dans la constitution d'une véritable Europe où chacun se sent partie prenante et élément d'un TOUT plus fort que ses parties. Ce n'est pas jusqu'à présent ce que des banquiers et autres coupeurs de bourses ont mis en place, bien au contraire.  

On notera que la langue commune est déjà un facteur important.  Faudra-t-il une nouvelle Ordonnance de Villers-Cotterêts,  comme en 1539,  pour définir un langage commun ? A tout le moins, il est plus facile à imaginer un certain rapprochement, plus fort qu'actuellement, entre les langues latines, qui sous-entendent certains traits communs de civilisation et de culture. Avec les autres pays, ce sera plus difficile assurément. De là à penser que pourraient se constituer plusieurs Europes avec des passerelles assez lâches.... c'est plutôt envisageable.

Pour résumer, la première chose à faire, ce sera pour la France de se défaire de ses dirigeants actuels, esclaves volontaires ou non d'une logique financière nauséabonde et aberrante.  Celle qui est la base même de la culture anglo-saxonne. Il faudrait sans doute rechercher les origines de cette culture. En particulier il s'agit d'une île ayant eu besoin, ou ayant fait le choix, de commercer pour survivre.  La Grande-Bretagne et ses nombreuses possessions (y compris "les États-Unis", toujours aussi dépendants de fait de la City)  ont porté aux nues, y compris dans leur religion, ce culte de la "réussite" d'une vie concrétisée par une "réussite" financière égoïste. Ces notions s'opposent à la vie en Europe continentale de l'ouest. 

Clivage linguistique, clivage religieux, clivage culturel, difficultés de communications jusqu'à une période très récente, tous ces facteurs ont rendu une Europe unifiée difficile à concevoir et à mettre en œuvre.  C'est maintenant, sans doute, que les tout premiers jalons pourront se poser. Et bien entendu, sans "un grand frère" aux visées toutes différentes pour superviser et orienter ce processus à son profit.

Voilà pourquoi il est nécessaire de mettre à bas l'union européenne, un non-sens dont les effets se font sentir de façon dramatique, et de plus en plus. Dommage que, parmi les personnalités politiques, si peu acceptent de mettre cette évidence à leur programme.

mercredi 20 août 2014

Sans "riches" pas de salut ! (Le Grand Soir, Michel Taupin)

Vous connaissez Cuba ? S'il y a un pays que j'aimerais rencontrer, c'est bien celui-là. Malheureusement c'est loin, et mon espagnol tiendrait sur une rondelle de pain de mie.

Heureusement, grâce au Grand Soir nous en aurons une bonne idée en lisant cet article d'un de ses lecteurs, Michel Taupin. Et que tombe le Grand Méchant Vautour qui s'acharne sur la perle des Caraïbes, en vain.



Sans "riches" pas de salut !

Sans "riches" pas de salut ! Ou la cupidité comme moteur de l'économie. Dans l'Express Christine Kerdellant compare la France à Cuba !

L’Express avec Cuba, c’est comme le Klu Klux Klan avec les Noirs américains : une haine viscérale qui voue aux gémonies tout ceux et tout ce qui les dérangent, avec un mépris profond pour les êtres ou les politiques qui s’opposent à eux. Comme le Klu Klux Klan qui revendique la suprématie blanche, l’Express lui revendique la suprématie du capitaliste ultralibéral. Alors on se permet le pire ! Avec l’Express, c’est le lynchage médiatique systématique de Cuba !
En août, c’est la chroniqueuse Christine Kerdellant, journaliste, ancienne directrice du Figaro Magazine, qui s’y colle. Avec un texte intitulé "La France victime du syndrome de Cuba" on peut être sûr que son seul but est de flétrir à la fois la France et Cuba. L’idée de sa chronique est de taxer la France du même immobilisme dans lequel "l’île des Castro" (sic) s’est figée depuis 50 ans. Bref, comme Cuba, "la France est à l’arrêt", "la croissance est en berne", la France ne cesse de dévisser". Comme elle le dit elle-même, "le parallèle est osé". Mais il est bien plus qu’osé, il est imbécile, malhonnête, arrogant, mensonger, crapuleux et indécent.

Imbécile en effet, quand vous comparez Cuba, un pays pauvre des Caraïbes, à la France, pays riche d’Europe. La Banque Mondiale s’y refuse évidemment tant les ressources, les infrastructures et les disparités géographique, historique, culturelle, démographique et économique sont différentes et le pays étranglé par le blocus étatsunien.

Malhonnête, car vous cachez volontairement à vos lecteurs le blocus criminel que les EU infligent à Cuba depuis 53 ans et qui lui a été (et lui est encore) terriblement dommageable au plan de son développement économique puisque cette vengeance anachronique lui a déjà fait perdre 1100 milliards de dollars, sachant que le PIB annuel de Cuba sous blocus s’élève aujourd’hui à environ 80 milliards de dollars. A quoi il faut ajouter la part de budget importante que Cuba doit consacrer à sa défense pour se préserver des attentats et agressions multiples que le pays subit toujours de la part de l’Empire. N’en parler jamais est à la fois une faute journalistique inexcusable et une véritable escroquerie.

Arrogant, lorsque vous jetez sur Cuba ce regard méprisant et condescendant qu’ont les nantis, installés bien au chaud dans leur appartement cossu du 16ème et que vous jugez, péremptoire, que les cubains n’inventent plus parce qu’on "ne leur permet pas de devenir riches". Pour vous et votre dogme néolibéral, le moteur de l’activité économique ne saurait être autre chose que la cupidité ! Mais Madame Kerdellant, comment faire fortune sinon au détriment de la majorité, par le vol et l’exploitation d’autrui ? Citez moi une autre manière de s’enrichir qui ne fasse pas appel à ces deux là ?

Mensonger puisque vous affirmez que la croissance cubaine est au point mort. Or c’est tout le contraire, jugez plutôt : la croissance annuelle moyenne du PIB de Cuba a été entre 1971 à 2010 de 3,2% (malgré une chute vertigineuse entre 1988 (3,8%) et 1993 (-15%) due à l’écroulement des échanges commerciaux avec les Pays de l’Est). Elle est remontée dès 1994 pour atteindre 8% en 1996 et, jusqu’en 2012 (derniers chiffres enregistrés par la BM), en net redressement, elle a connu une moyenne de 4,8%. Or, si la croissance moyenne du PIB de la France entre 1961 et 2012 est la même que Cuba (3,2%), de 1996 à 2012, elle n’a été que de 1,57% avec une chute importante en 2008 et 2009... qui continue. Cela signifie que Cuba n’est pas, comme vous l’affirmez, immobile, mais au contraire de la France, un pays qui cherche en permanence à faire évoluer sa démarche révolutionnaire socialiste vers plus d’initiative, d’efficience, d’équité et de bien-être dans la mesure de ses moyens.

Crapuleux, quand vous moquez les transports, effectivement difficiles à Cuba, en ne donnant comme raison à ces difficultés que le fait suivant : "les malheureux cubains ne peuvent s’acheter de voitures individuelles bien trop chères" ! Or la politique éco-socialiste cubaine est tout le contraire de l’individualisme forcené et du consumérisme ravageur qui sont deux des raisons de l’appauvrissement intellectuel et de la dépendance d’un peuple. La priorité du gouvernement cubain est le développement des transports publics accessibles à tous et la préservation de l’environnement. Mais comme vous le savez, elle se heurte au blocus étatsunien et à l’extra-territorialité des lois américaines qui le régissent (crédits bancaires impossibles, paiements comptant obligatoires et prix très élevés), et les empêchent de développer les infrastructures lourdes et d’acheter des véhicules et les pièces de rechange nécessaires à leur entretien.

Et les vieilles voitures américaines qui roulent nombreuses à Cuba et qui font frémir votre petit cœur de VRP du capitalisme (elles font désormais partie du patrimoine culturel cubain), subissent le même sort puisque leurs propriétaires ne peuvent se procurer de pièces de rechange. L’entretien de ces monuments historiques est bien le seul domaine d’ailleurs où vous reconnaissez aux cubains de l’imagination et de l’inventivité ! Quant au prix des voitures importées, vous êtes aussi sérieuse qu’un clown dans un cirque : Cuba importe ses véhicules au prix fort (tarif moyen appliqué en local) et les taxes que Cuba prélève, servent à développer et moderniser les transports en commun. Il est évident que le revenu moyen des cubains ne peut leur permettre de se payer des voitures individuelles neuves. Et la frustration des cubains n’est pas tant comme vous l’affirmez, l’impossibilité de s’offrir une bagnole (même si cela flatte l’égo) mais dans le fait que Cuba est empêché par l’Empire de développer et moderniser son réseau de Transports Publics. Ce que vous n’arrivez pas à rentrer dans votre petite tête préformatée d’HEC, c’est que Cuba est socialiste et préfère le partage à l’égoïsme destructeur d’une consommation insatiable.

Indécent, quand vous affirmez que les forces vives d’un pays, ce sont "les riches" qui, seuls selon vous, inventent, innovent. Sans les riches dites-vous, point de salut. Par conséquent, les pauvres sont responsables de leur propre indigence puisqu’ils n’ont aucune imagination et n’osent prendre aucun risque. Puis, sentencieuse, vous assénez : "Un pays qui refuse la logique de l’économie de marché, est un pays mort-vivant". Une logique dévastatrice qui plonge une part toujours plus grande de la population française non seulement dans la pauvreté (9 millions) mais de plus en plus dans la misère (2,5 millions) avec parallèlement un nombre de super-riches qui s’accroît, affichant des fortunes indécentes. D’un côté donc une concentration accrue des richesses, de l’autre une explosion de la pauvreté ! Robespierre disait en son temps : "Le fléau des peuples ce sont les riches. L’intérêt du peuple est l’intérêt général, celui des riches est l’intérêt particulier". Rien n’a changé, seules les féodalités sont passées dans d’autres mains. Des féodalités qui nous enfoncent dans l’obscurantisme du Moyen-âge. C’est un dessein inhumain et mortifère.

A Cuba, depuis la Révolution, c’est une projet de société autrement plus vivant et humaniste qui est proposé. Une toute autre logique est en œuvre à Cuba, malgré ses faibles ressources et les obstacles mis sur sa route, c’est la logique du partage ! Après le triomphe de la Révolution, les riches capitalistes cubains n’ont jamais voulu partager avec le peuple. Il s’en suivit une série de nationalisations dont les profits ont été enfin redistribués au peuple lui-même. Le socialisme cubain était en marche soutenu par l’une des formes de démocratie les plus avancées, la démocratie participative. Et, comme vous le dites peu et mal, il a permis au pays d’éradiquer la misère et la discrimination raciale, d’éduquer, de soigner, de loger, de cultiver toute la population sans exception.

Cette logique que vous exécrez tant, a ouvert des droits nouveaux, inconnus jusqu’alors, comme l’égalité des droits hommes-femmes, l’interdiction du travail des enfants, la prise en charge des anciens, le respect de la diversité sexuelle et la défense de l’environnement pour n’en citer que quelques uns.

Cette logique que vous haïssez tant, a permis au peuple cubain de retrouver sa dignité, sa fierté et sa joie de vivre, et a fait de Cuba un pays phare détesté par les cupides mais aimé par tous les humanistes. Imaginez un petit instant, Mme la chroniqueuse, que Cuba ait disposé depuis 1960 de toute sa liberté, de sa souveraineté pleine et entière et de tous les moyens financiers dont les USA l’ont privé depuis 50 ans, imaginez alors ce qu’aurait pu être Cuba aujourd’hui !

C’est la peur de voir le modèle capitaliste KO qui fait que l’Empire refuse de voir cette expérience se développer sans entrave. Cuba résiste parce que son peuple sait depuis longtemps que le système que vous proposez est un leurre et que si le socialisme cubain est perfectible, le peuple dans son immense majorité lui est acquis et ne voudra jamais revenir aux temps d’avant la Révolution. Alors vous enragez.

Vous auriez dit : "Seuls souffrent de l’horreur du monde ceux qui en ont vu la beauté." Je partage cet aphorisme en le précisant : "Voyez la beauté de Cuba et vous souffrirez sans doute plus encore des horreurs de votre monde".

Michel TAUPIN
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mardi 19 août 2014

Palestine : du PROFIT à la haine de l'humanité

Un père palestinien serre une dernière fois dans ses bras sa fille, avant de la confier à la Terre. Une scène terrible, insoutenable, et pourtant devenue banale à Gaza.  Tout être humain est irremplaçable, s'il s'agit bien d'un humain "normal". Pour un être qui a perdu le sens des réalités et des priorités de la Vie, c'est un peu différent.

Au nom de quelle perversité les attaquants font-ils cela ? A moins, et c'est grave, d'avoir la haine de toute l'humanité. On notera, souvent, les visages déformés par la rage des pro-régime de Tel Aviv même en France. Bien entendu, cette attitude n'a aucun rapport avec des histoires religieuses, ni avec des origines ethniques. C'est une attitude politique avec des buts terriblement inavouables.

On pourra faire le parallèle avec un homme terrible, qui après avoir été le bras droit de Jeanne d'Arc avait "pété les plombs", et perpétré des atrocités sur des enfants. Je parle de Gilles de Rais bien sûr. Mais lui était seul, alors que ce sont aujourd'hui des centaines de personnes, voire des milliers, qui sont atteintes de cette frénésie morbide.

Certes, à l'origine ce sont des anglo-saxons qui ont résolu de faire d'une certaine étendue de terre, une pseudo- "Terre Promise" pour des gens qui n'y avaient aucun droit. Très malin, pour une poignée, pas plus, de financiers, de poser de tels jalons. Ceux-là, et ceux-là seuls, furent les instigateurs primaires de massacres et autres vilenies en de nombreux lieux, qui émaillèrent tout le XXe siècle, et qui se perpétuent aujourd'hui.

De fait, pour faire cesser ce processus de plus en plus sanglant et révoltant, il n'y a sans doute qu'un moyen : contribuer à la chute, le plus tôt possible, de tout le capitalisme. Les guerres ont toutes un fondement économique, et ceci est une guerre, entre des adorateurs du Profit, et les humains. D'où, incidemment, cette panique des "autorités" de Tel Aviv, mais pas qu'elles, face à un BDS qui gagne en efficacité et en ampleur. L'arme du boycott, pour un mondialiste économique, c'est l'horreur, car cela sape le fondement même de sa vie de "profiteur quoiqu'il advienne".


mardi 12 août 2014

Qu'est-ce que le sionisme ? (Thierry Meyssan)

Un véritable érudit - il s'appelle Thierry Meyssan, à tort certains ne l'aiment pas, parce qu'il les dérange - nous rappelle l'histoire du sionisme, et ce qui en découle.

Son exposé, intitulé "Qui est l'ennemi ?", étant assez long, je me permets d'en citer un chapitre, à propos des origines de cette doctrine anglo-saxonne, et j'invite à consulter le texte entier. Cela corrobore entièrement ce que d'autres ont énoncé, de façon très claire.

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Qu’est ce que le sionisme ?

Au milieu du XVIIe, les calvinistes britanniques se regroupèrent autour d’Oliver Cromwell et remirent en cause la foi et la hiérarchie du régime. Après avoir renversé la monarchie anglicane, le « Lord protecteur » prétendit permettre au peuple anglais de réaliser la pureté morale nécessaire pour traverser une tribulation de 7 ans, accueillir le retour du Christ et vivre paisiblement avec lui durant 1 000 ans (le « Millenium »). Pour ce faire, selon son interprétation de La Bible, les juifs devaient être dispersés aux confins de la terre, puis regroupés en Palestine et y reconstruire le temple de Salomon. Sur cette base, il instaura un régime puritain, leva en 1656 l’interdiction qui était faite aux juifs de s’installer en Angleterre et annonça que son pays s’engageait à créer en Palestine l’État d’Israël [4]

La secte de Cromwell ayant été à son tour renversée à la fin de la « Première Guerre civile anglaise », ses partisans tués ou exilés, et la monarchie anglicane ayant été rétablie, le sionisme (c’est-à-dire le projet de création d’un État pour les juifs) fut abandonné. Il ressurgit au XVIIIe siècle avec la « Seconde Guerre civile anglaise » (selon la dénomination des manuels d’Histoire du secondaire au Royaume-Uni) que le reste du monde connaît comme la « guerre d’indépendance des États-Unis » (1775-83). Contrairement à une idée reçue, celle-ci ne fut pas entreprise au nom de l’idéal des Lumières qui anima quelques années plus tard la Révolution française, mais financée par le roi de France et conduite pour des motifs religieux au cri de « Notre Roi, c’est Jésus ! ».

George Washington, Thomas Jefferson et Benjamin Franklin, pour ne citer qu’eux, se sont présentés comme les successeurs des partisans exilés d’Oliver Cromwell. Les États-Unis ont donc logiquement repris son projet sioniste.

En 1868, en Angleterre, la reine Victoria désigna comme Premier ministre, le juif Benjamin Disraéli. Celui-ci proposa de concéder une part de démocratie aux descendants des partisans de Cromwell de manière à pouvoir s’appuyer sur tout le peuple pour étendre le pouvoir de la Couronne dans le monde. Surtout, il proposa de s’allier à la diaspora juive pour conduire une politique impérialiste dont elle serait l’avant-garde. En 1878, il fit inscrire « la restauration d’Israël » à l’ordre du jour du Congrès de Berlin sur le nouveau partage du monde.

C’est sur cette base sioniste que le Royaume-Uni rétablit ses bonnes relations avec ses anciennes colonies devenues États-Unis à l’issue de la « Troisième Guerre civile anglaise » —connue aux États-Unis comme la « guerre civile américaine » et en Europe continentale comme la « guerre de Sécession » (1861-65)— qui vit la victoire des successeurs des partisans de Cromwell, les WASP (White Anglo-Saxon Puritans) [5]. Là encore, c’est tout à fait à tort que l’on présente ce conflit comme une lutte contre l’esclavage alors que 5 États du Nord le pratiquaient encore.

Jusqu’à la presque fin du XIXe siècle, le sionisme est donc exclusivement un projet puritain anglo-saxon auquel seule une élite juive adhère. Il est fermement condamné par les rabbins qui interprètent la Torah comme une allégorie et non pas comme un plan politique.

Parmi les conséquences actuelles de ces faits historiques, on doit admettre que si le sionisme vise à la création d’un État pour les juifs, il est aussi le fondement des États-Unis. Dès lors, la question de savoir si les décisions politiques de l’ensemble sont prises à Washington ou à Tel-Aviv n’a plus qu’un intérêt relatif. C’est la même idéologie qui est au pouvoir dans les deux pays. En outre, le sionisme ayant permis la réconciliation entre Londres et Washington, le remettre en cause, c’est s’attaquer à cette alliance, la plus puissante au monde.

Thierry Meyssan

Ce texte est diffusé sous licence CC BY-NC-ND

mercredi 6 août 2014

Hiroshima, il y a 69 ans, LA BOMBE

Des centaines de milliers de morts plus tard, des fous vont-ils recommencer ?

A entendre de nombreux vautours de Washington ce jours-ci, il faut s'y attendre. Ils savent pourtant que Moscou n'attaquera pas, mais sera ferme sur la réponse. On sait fort bien ce que cela signifie, et l'Europe pourrait bien en faire les frais.

L'explosion de Hiroshima, le 6 août 1945 à 8h 16 mn


Les centrales nucléaires française les plus récentes sont toutes chargées au MOX, on me l'a confirmé récemment.  Cela signifie que le mélange de carburants contenu dans les barres d'uranium comporte 6 ou 7% du métal le plus diabolique qui existe : le plutonium.  Si un projectile frappe une de ces centrales (la France à elle seule possède la moitié des réacteurs nucléaires chargés au MOX dans le monde),  la puissance létale de ce projectile hors l'explosion initiale sera multipliée par cent. Répandu dans l'atmosphère, le plutonium ira partout. Si ses poussières sont inhalées, 10 mg tuent un homme en un mois. Des quantités beaucoup plus faibles continueront à tuer, en plus de temps.

Sans doute est-ce que veulent les successeurs de Truman et son entourage.  Assassiner les habitants de la Terre, humains, animaux, végétaux aussi..... pour la plus grande gloire de leur Puissance.

Dénonçons ces évidentes prétentions à nettoyer notre planète de tout ce qui n'est pas UNE NOUVELLE RACE (on finit par se demander si ce n'est pas cela)  complètement insensible (une race de bipèdes fous)...... et qui finira par y passer à son tour, ah ! ah ! ah !

mardi 5 août 2014

Jeunes français combattant au Moyen-Orient : parlons-en, justement.

Un homme fait encore parler de lui aujourd'hui.

Monsieur Ciotti, député UMP et président du conseil général des Alpes Maritimes, a eu cette réflexion :

"Il faut sans doute revisiter aussi nos conditions d'accession à la nationalité. Comment des jeunes Français qui haïssent la France, partent combattre contre les valeurs qu'a portées notre pays?"

Il voulait parler de jeunes français de religion musulmane, qui depuis un certain temps tentent d'aller combattre en Syrie, dans les rangs islamistes radicaux aux appartenances nationales très floues. Sans doute voudrait-il leur faire perdre leur nationalité, au profit d'on ne sait quoi d'ailleurs. Il faut se souvenir que les conventions internationales sont formelles : il est absolument impossible de perdre sa nationalité, si l'on n'en recouvre pas une autre en échange. Le statut d'apatride, théoriquement, n'existe pas et ne doit pas exister.

Il n'a pas tenté, en revanche, de soulever un autre cas, parallèle à celui-là. De jeunes français partent au Moyen-Orient, pour s'enrôler dans l'armée de l'État d'Israël, héritière de l'Irgoun où se distingua un certain Avraham Stern dans les années 30-40. Là, la chose est bien plus claire. Ils s'engagent dans la défense (ou ce qui en tient lieu) d'un autre État. Cet engagement, de façon parfaitement logique, doit leur faire perdre la nationalité précédente, c'est bien plus qu'aller dans un autre pays pour simplement y ouvrir, au hasard, un commerce. Il s'agit là, de plus et au mépris des valeurs de la France, d'aller combattre et molester des civils désarmés le plus souvent (et de loin) sur une terre qui ne les concerne en rien. Le passeport français doit leur être retiré définitivement.

Qui, parmi ceux qui ont la parole en France, dénoncera cette atteinte aux conventions internationales ? N'y a-t-il pas là un deux poids, deux mesures parfaitement illogique ?



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vendredi 1 août 2014

Quand a-t-elle commencé ?

On parle là de la guerre, bien entendu. Celle que le Capital, inextricablement emmêlé avec le Pouvoir de Washington, fait à la planète tout entière, y compris les habitants des régions situées entre le Rio Grande et les Grands Lacs.


Alors même que se terminait le second conflit mondial, qui abattit un homme réfugié dans son bunker de Berlin, déjà les vautours de Washington, Truman en tête, voulaient déjà s'attaquer à l'URSS qui leur faisait (financièrement) peur. D'où cette folie de brusquer les choses en Extrême-Orient en lâchant des bombes, deux bombes, sur un pays déjà complètement à genoux. Soyons heureux, dans quelques jours nous commémorons le soixante-neuvième anniversaire de ce massacre dont les effets durent encore.

Hiroshima, Nagasaki. Ce sont deux noms qui accuseront pour jamais le pays "guide de l'humanité".  Cela ne l'a pas empêché, depuis, de diriger sa paranoïa partout sur la planète, afin d'abattre ou écraser toute personne, toute faction, toute nation ayant la prétention de lui résister. Assassinats, guerres directes ou télécommandées, envois de commandos de la mort, désinformation continuelle et fétide, installation dans des pays un peu rétifs de dirigeants à sa solde, création d'une pseudo entité Europe complètement à sa botte et simple prolongement de ses visées expansionnistes, le cloaque puant de Washington ne recule devant rien pour consolider sa mainmise complète sur la planète.

Mais par ses exagérations mêmes, ne voilà-t-il pas qu'il voit se former face à lui une association de défense des autres grands pays du monde résolus à ne pas se laisser phagocyter ? C'est pourquoi, plus que jamais, les provocations, les carnages sous faux drapeau explosent pendant que la propaganda la plus abjecte se déploie comme des haillons de lépreux afin d'entériner ses thèses. Nul point de la planète n'est épargné, et les mille points d'appui, bases, ports, qui sont sous son contrôle lui permettent d'attaquer partout selon des modalités multiformes. Le résultat obtenu ("par TOUS les moyens") reste naturellement la suprématie totale et incontestée.

Si la Troisième Guerre Mondiale n'est pas commencée, qu'est-ce donc ? Elle a commencé le 6 août et le 9 août 1945, sans laisser au reste du monde un seul jour de répit. Elle se poursuit encore aujourd'hui, en se renforçant de jour en jour depuis quelque temps. L'écrasement de Gaza et ses habitants n'est que l'un des épisodes les plus funestes de cette offensive multiforme. Ce qui se passe en Ukraine (et dont nous en Europe de l'ouest savons en fait peu de choses) est un autre exemple, simultané, et tout aussi révoltant. Mais les coups de boutoir des riches opposants vénézuéliens à Nicolas Maduro vont exactement dans le même sens, les combats en Afrique (qui sont loin de faire la Une des journaux) sont un autre exemple. Que ce soient des supplétifs qui expédient ce genre de combat n'y change rien.

Peuples de la Terre, nous sommes donc, sans l'avoir voulu, sans le savoir le plus souvent, en guerre avec un régime qui ne l'a jamais déclarée, qui ne la déclarera pas, et compte bien arriver à ses fins quel qu'en soit le prix.  Il importe de tous s'unir pour l'abattre, de préférence grâce à l'arme économique : c'est souvent la plus efficace. Éviter les affaires avec ses industries, éviter d'acheter ses produits, éviter d'utiliser sa monnaie, ou le torchon sans valeur qui en tient lieu, voilà comment on pourra être les plus efficaces face à un système qui ne pense que par l'argent.

Oui, nous sommes en guerre. Nous devons tous en être conscients.

jeudi 31 juillet 2014

Combien de fois Jaurès sera-t-il assassiné ?

Aujourd'hui est la journée du souvenir.  A 21h40 au café du Croissant, à Montmartre, Jean Jaurès est abattu. Par qui ? Peu importe. Le seul défenseur de la paix disparaît. L'autre assassinat, le 28 août, à Sarajevo, n'est qu'un prétexte pieux vu que l'homme abattu à Sarajevo, bien qu'archiduc autrichien, n'a aucun poids sur la scène politique.

C'est au point que quatre heures plus tard seulement, mon grand-père accomplissant son service militaire dans la Meuse (il lui reste 52 jours sur 3 ans) est réveillé avec ses camarades par le colonel du régiment lui-même. Celui-ci appelle deux hommes pour la corvée de cartouches. À 5 heures du matin les hommes sont déjà en poste à la frontière, en ce terrible 1er août 1914. Ils ne rentreront dans leurs foyers (pour ceux qui rentreront) que 52 mois plus tard.

Nous sommes le 31 juillet 2014. Un siècle plus tard, l'avenir est aussi sombre.  Certes les prétextes et certains contextes diffèrent. En revanche, comme un siècle plus tôt les intérêts des financiers et des industriels sont toujours là, pour aiguillonner les haines, pour déclencher des "incidents".  C'est en 1913 qu'avait été constituée la Réserve Fédérale US (banque privée, naturellement) en vue d'amasser des profits pour les banquiers membres fondateurs de cet organisme. Aujourd'hui, le dollar est en grande difficulté en raison des exagérations de la même FED à recourir à la planche à billets. Une "bonne" guerre serait un juteux moyen de faire repartir la machine.

Cela "tombe bien".  Les faucons de Tel Aviv viennent de lancer leur nouvelle campagne, d'été cette fois, contre la ville de Gaza. Tollé quasi général (la "communauté internationale" formée des USA et de quelques satellites ne bouge pas, bien entendu). Une nouvelle flottille se prépare à partir de Turquie pour secourir les Gazaouis. Même si elle a récusé la marine turque pour l'accompagner et la défendre, on imagine.....

Pendant ce temps-là, les Nazis qui ont pris le pouvoir à Kiev avec la bénédiction de Bruxelles et Washington continuent à pilonner les villes russes de l'est de l'Ukraine.Ils descendent (c'est maintenant acquis) un avion civil qu'ils ont dévié de sa route, en tentant de faire porter le chapeau au camp d'en-face. La tension est extrême partout. Qui est derrière ce coup de force ? Bien sûr, les stratèges de Washington, cornaqués par les financiers en quête de marchés nouveaux.

Le Monde va-t-il à nouveau exploser, pour le bénéfice des Très Grandes Fortunes ? Celles-ci n'ont jamais été aussi énormes, donc aussi puissantes. Mais qu'on ne s'y trompe pas : c'est en dollars, donc en monnaie de singe.  Il leur faut quelque chose de plus consistant, pour simplement continuer à exister.

Dans cette tourmente qui menace, seul le solide gouvernement russe a suffisamment la tête sur les épaules, et le poids international retrouvé, pour empêcher le déclenchement de la catastrophe. S'appuyant sur une Chine inquiète, et sur les autres membres des BRICS, il peut calmer le jeu, et renvoyer dans leurs bases les "soldats de la paix" dont on connaît les initiatives bénéfiques au VietNam, en Irak ou en Afghanistan.

Il faut se souvenir que ces soldats sont, le plus souvent, recrutés parmi les plus pauvres des étatsuniens, qu'ils manquent d'instruction, et souvent c'est ainsi qu'ils espèrent obtenir enfin le passeport US. De pauvres hommes perdus, auxquels on peut imposer les pires exactions. D'ailleurs, s'ils obtiennent le précieux talisman, ce sont le plus souvent des épaves qui reviennent dans leurs foyers. Le piège est très amer.




mercredi 30 juillet 2014

La Révolution est morte il y a 220 ans, avec Robespierre

Le 28 juillet 1794, 10 Thermidor An III, tombait sur l'échafaud un homme qui incarna jusqu'à son dernier souffle la Révolution Française. Maximilien de Robespierre, né le 6 mai 1758 à Arras, paya de sa vie, et de celle de ses amis, les terribles inimitiés qu'il avait suscitées par ses refus de compromissions. Purent s'y ajouter quelques maladresses, peut-être pas décelables à l'époque, comme sa marotte de l'Être Suprême, ou sa position sur les classes sociales.  S'il fut intransigeant sur l'égalité devant la loi, il n'intervint pas pour adoucir les inégalités face à la fortune. C'est l'une des raisons qui l'ont fait lâcher à la fin par les plus démunis.

Malgré ces quelques faiblesses, c'est grâce à lui que la Révolution avait un visage. La chose était nécessaire, tant les ennemis furent nombreux, à l'intérieur comme à l'extérieur. On connaît la frayeur que la nouvelle république pouvait occasionner aux têtes couronnées de l'Europe d'alors.  La victoire de Valmy, le 20 septembre 1792, avait été un coup d'arrêt salutaire à la coalition lancée en réaction à la Révolution : le lendemain 21 septembre allait entériner la création officielle de cette République.

En parallèle à cette menace extérieure, un mouvement spontané avait vu se lever dans l'ouest, et en particulier dans ce qu'on appela "la Vendée militaire", mais aussi dans le Massif Central, en Alsace, dans les Pyrénées, des personnes au départ opposées à "la levée des 300 000 hommes". Le Comité de salut public, où présidait Robespierre, dut envoyer pour mater ces soulèvements des troupes, ainsi que des "représentants en mission" qui souvent outrepassèrent leurs instruction, et firent preuve d'une cruauté horrible. On repense aux massacres de Carrier à Nantes ou Barère à Lyon, aux Colonnes infernales de Turreau en Vendée, qui loin de pacifier, encouragèrent des tièdes à rejoindre les opposants armés. Bien entendu, c'est sur Robespierre que retombera plus tard un opprobre immérité.

Les historiens, avec du recul, ont rendu justice à Robespierre, et à sa modération. On pense en particulier aux importants travaux de Mathiez. Il faudra attendre ces dernières années, pour voir se dessiner un courant d'historiens "libéraux" comme Furet,  que je qualifierais de "thermidoriens", qui en attaquant à nouveau Robespierre ont essayé de discréditer toute l'œuvre de la Révolution. Il est certain que "la loi du maximum" par exemple, qui est l'œuvre personnelle de Robespierre, en empêchant aux denrées de dépasser un certain prix, rendait plus difficile l'enrichissement des grands bourgeois commerçants sur le dos des plus modestes. Ce genre de controverse rend un son bien particulier en nos temps où les pauvres s’appauvrissent encore, et où les plus riches n'ont jamais été aussi riches.

Malgré "sa particule", Robespierre était en effet un nobliau aux revenus très modestes, à la vie frugale et moralement irréprochable. Cela contrastait avec ceux qui déjà, dès la Terreur, avaient réussi à faire fructifier largement leurs biens : ce sont ceux, le plus souvent, que nous retrouverons parmi les Thermidoriens, voire plus tard parmi les "princes d'Empire". N'oublions pas combien la vie put être un défi journalier pour des personnes comme lui, qui mirent leur vie au service de leur pays dans des conditions très difficiles.  Il n'était pas un tyran, mais un homme d'État responsable, confronté à une époque exceptionnelle.

lundi 28 juillet 2014

Lettre ouverte au Président de la République dite « française » (Jacob Cohen)

Il faut savoir "donner à lire". Voici une analyse sous forme de lettre ouverte, qui ne laissera sans doute pas indifférent. Plus porté à attribuer au régime de Washington la responsabilité première de nos maux actuels, je comprends que certains, peut-être en raison de leur religion précisément, se sentent trahis par ceux qui devraient être les gardiens de nos institutions. Bonne lecture.

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Lettre ouverte au Président de la République dite « française ».

De Jacob Cohen

Vous serez peut-être surpris, Monsieur François Hollande, ou plutôt ferez semblant de l’être, par cette appellation entre guillemets. Car selon les textes fondateurs, vous êtes censé défendre les intérêts de la République et les principes de droit qui en assurent le fonctionnement.

Or tout indique, depuis votre entrée en fonction, une allégeance aveugle et inconditionnelle à un pays étranger qui viole depuis une soixantaine d’années les principes de droit international les plus fondamentaux.

Il faut dire que vous êtes l’héritier d’un parti politique dit « socialiste », qui a participé à une campagne militaire de type colonial en 1956 contre l’Égypte aux côtés d’Israël, et qui a fourni à ce dernier pays l’arme nucléaire qui pourrait se retourner un jour contre l’Europe.

Certes, il vous arrive de dire un peu de mal de la colonisation, de l’occupation, des annexions et autres exactions des sionistes. De même lorsque vous recevez le Harki en chef de l’Autorité palestinienne pour l’encourager à négocier sans fin avec les maîtres sionistes.

Mais ce sont juste des paroles en l’air, dites avec l’aval de votre suzerain sioniste, pour illusionner les naïfs. Sinon, dernier exemple en date, pourquoi les sanctions prises contre la Russie pour l’annexion de la Crimée, consécutive tout de même à un référendum réussi, ne sont pas envisagées pour l’annexion de Jérusalem et du Golan, effective depuis 45 ans ?

Votre complicité criminelle avec l’État sioniste se double d’une allégeance inconditionnelle envers ses représentants en France. Au point de transformer les Institutions de la République, comme la Justice et la Police, en auxiliaires du CRIF et autres agences judéo-sionistes. Le Conseil d’État est mis à contribution pour faire interdire les spectacles ou les manifestations qui pourraient déplaire aux Maîtres occultes de la France, vos Maîtres. Pour une insulte « antisémite », les moyens de la République sont mobilisés pour arrêter et condamner le coupable.

Je me permets de vous rappeler que j’ai été agressé par la ligue de défense juive le 12 mars 2012, agression filmée, revendiquée et publiée par la LDJ, et que votre « justice », enfin celle qui reçoit ses ordres du CRIF, vient de « classer l’affaire sans suite ».

Pour cela, M. Hollande, je vous accuse de FORFAITURE, et j’accuse votre « justice » d’être la « bonne à tout faire du CRIF ». J’espère que vous ne laisserez pas ces graves accusations sans suite. Les Français patriotes ne comprendraient pas que le Premier Magistrat ne défende pas son intégrité morale ni l’honneur et la dignité de notre principale Institution.

Monsieur le Président, vous avez poursuivi le travail de sape depuis le départ du Général de Gaulle en réduisant à néant l’indépendance de la France, et vous avez réduit notre pays au rôle de sous-traitant d’un des plus grands pays criminels des dernières décennies. Les massacres inhumains de centaines de civils gazaouis sans défense et sans recours perpétrés avec des moyens militaires sans précédent vous laissent de marbre. Il est vrai que vous avez entonné l’hymne national sioniste avec un premier ministre dont l’arrogance n’a d’égale que sa volonté d’écraser le Proche-Orient sous sa botte. On se rappellera de vous et de votre place dans l’Histoire comme le complices des crimes de guerre sionistes, ou pour reprendre une célèbre formule, comme le « Petit Télégraphiste de Netanyahou ».

Les conventions épistolaires m’obligeant de conclure avec des salutations, je vous adresse les miennes, AVEC MON PLUS PROFOND MÉPRIS.

Jacob Cohen, citoyen franco-marocain, écrivain antisioniste. Paris le 20 juillet 2014.

samedi 26 juillet 2014

La Palestine comme métaphore (Mahmoud Darwich)

Grâce au Citoyen Veilleur, je viens de découvrir ce magnifique entretien de Mahmoud Darwich, ponctué d'un poème sublime. Merci.

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"J'ai de multiples images de l'Autre israélien. Multiples et variées. Il n'existe pas chez moi une vision unique et définitive de l'Autre.
Celui qui m'a éduqué était juif, celui qui m'a persécuté l'était aussi. La femme qui m'aima était juive. Celle qui me détesta aussi.
La guerre de 1967 a rompu les relations affectives entre les jeunes hommes arabes et les jeunes filles juives.
L'idée d'ennemi avait en fait pénétré la relation; l'homme et la femme s'enlaçaient, mais l'ennemi était tapi sous leur lit. Dans mon poème "Un soldat qui rêve de lys blanc", j'ai raconté l'histoire de cet ami qui, après la guerre, vint me trouver pour m'annoncer sa décision de quitter Israël pour toujours.
Il ne voulait plus être un rouage dans une machine de guerre. C'était un humaniste, et son éducation était fondée sur le pluralisme et l'ouverture.
Venu en Israël avec des idées idéalistes, il avait découvert que la réalité était bien différente. Il est alors parti.
Le poème le décrit ainsi: un individu qui se réfugie en lui-même, qui reprend son individualité à son groupe, mais la pression collective est puissante et dure.
Nous avons appris l'hébreu en même temps que l'arabe. Toute ma génération maîtrise l'hébreu. La langue hébraïque est pour nous une fenêtre donnant sur deux mondes.
Celui de la Bible d'abord, celui de la littérature traduite ensuite: ma première lecture de Lorca se fit en hébreu.
De même pour Neruda. Je ne peux que reconnaître ma dette envers l'hébreu pour ce qui est de ma découverte des littératures étrangères.
Je considère que la Bible est partie intégrante de mon héritage, alors que l'islam ne fait pas partie, à ses yeux, de l'héritage de l'Autre.
Je n'ai aucun problème à me considérer comme le produit, le métis, de tout ce que cette terre palestinienne a dit, de tout ce que l'humanité a dit.
Mais l'Autre refuse de faire de même, m'interdisant de m'associer à son identité culturelle et humaine. c'est lui qui réduit sa propre identité et la rend sélective.
Le problème est que nous autres, les Arabes, nous nous sentons obligés de nous rattacher à nos racines et ce, pour fortifier nos défenses.
Les autres nous y contraignent, bien plus que nous en avons envie ou le voulons.
Je ne crois pas qu'il y ait au monde un seul peuple à qui on demande tous les jours de prouver son identité comme les Arabes.
L'Arabe doit en permanence présenter ses papiers d'identité, parce qu'on cherche à le faire douter de lui-même. La seule identité dont je me revendique est celle de ma langue de poète."

(Mahmoud Darwich, La Palestine comme métaphore, entretiens traduits de l'arabe par Elias Sanbar et de l'hébreu par Somone Bitton, éditions Actes-sud Babel)
il rêve de lis blancs
d'un rameau d'olivier
de la floraison de ses seins au soir
il rêve – m'a-t-il dit –
de fleurs d'orangers
il ne cherche pas à philosopher autour de son rêve
il comprend les choses
uniquement comme il les sent, hume
il comprend – m'a-t-il dit – que la patrie
c'est de boire le café de sa mère
et de rentrer au soir

je lui ai demandé : Et la terre ?
il a dit : Je ne la connais pas
et je ne sens pas qu'elle soit ma peau ou mon pouls
comme il en va dans les poèmes
Soudainement, je l'ai vue
comme je vois cette boutique, cette rue ou ces journaux
je lui ai demandé : L'aimes-tu ?
il répondit : Mon amour est une courte promenade
un verre de vin ou une aventure
— Mourrais-tu pour elle ?
— Que non !
tout ce qui me rattache à la terre
se limite à un article incendiaire, une conférence
On m'a appris à aimer son amour
mais je n'ai pas senti que son cœur s'identifiait au mien
je n'en ai pas respiré l'herbe, les racines, les branches
— Et son amour
était-il brûlant comme le soleil, la nostalgie ?
il me répondit avec nervosité :
— Ma voie d'accès à l'amour est un fusil
l'avènement de fêtes revenues de vieilles ruines
le silence d'une statue antique
dont l'époque et le nom ont été perdus


il m'a raconté l'instant des adieux
comment sa mère pleurait en silence
lorsqu'il fut conduit quelque part sur le front
et la voix affligée de sa mère
gravant sous sa peau une nouvelle espérance :
Ah si les colombes pouvaient grandir au ministère de la Défense
si les colombes pouvaient grandir !

il tira sur sa cigarette, puis ajouta
comme s'il fuyait une mare de sang :
J'ai rêvé de lis blancs
d'un rameau d'olivier
d'un oiseau embrassant le matin
sur une branche d'oranger
— Et qu'as-tu vu ?
— J'ai vu l'œuvre de mes mains

un cactus rouge
que j'ai fait exploser dans le sable, les poitrines, les ventres
— Combien en as-tu tué ?
— Il m'est difficile de les compter
mais j'ai gagné une seule médaille
Je lui ai demandé, me faisant violence à moi-même :
Décris-moi donc un seul tué
il se redressa sur son siège
caressa le journal plié
et me dit comme s'il me faisait entendre une chanson :
Telle une tente, il s'écroula sur les gravats
il étreignit les astres fracassés
sur son large front, resplendissait une diadème de sang
il n'y avait pas de décoration sur sa poitrine
il était, paraît-il, cultivateur ou ouvrier
ou alors marchand ambulant
telle une tente, il s'écroula sur les gravats
ses bras
étaient tendus comme deux ruisseaux à sec
et lorsque j'ai fouillé ses poches
pour chercher son nom
j'ai trouvé deux photos
l'une... de sa femme
l'autre de sa fille

je lui ai demandé : T'es-tu attristé ?
il m'interrompit pour dire : Ami Mahmoud, écoute
la tristesse est un oiseau blanc
qui ne hante guère les champs de bataille, et les soldats
commettent un péché lorsqu'ils s'attristent
Là-bas, j'étais une machine crachant le feu et la mort
transformant l'espace en un oiseau d'acier

il m'a parlé de son premier amour
et après cela
de rues lointaines
des réactions d'après guerre
de l'héroïsme de la radio et du journal
et lorsqu'il cacha un crachat dans son mouchoir
je lui ai demandé : Nous reverrons-nous ?
il répondit : Dans une ville lointaine

lorsque j'ai rempli son quatrième verre
j'ai dit en plaisantant : Tu veux émigrer ? Et la patrie ?
il me répondit : Laisse-moi
je rêve de lis blancs
d'une rue pleine de chansons et d'une maison illuminée
je veux un cœur tendre, non charger un fusil
je veux un jour ensoleillé
non un moment fou de victoire intolérante
je veux un enfant adressant son sourire à lumière du jour
non un engin dans la machinerie de guerre
je suis venu pour vivre le lever du soleil
non son déclin

il m'a quitté, car il cherche des lis blancs
un oiseau accueillant le matin
sur un rameau d'olivier
car il ne comprend les choses
que comme il les sent, hume
il comprend – m'a-t-il dit – que la patrie
c'est de boire le café de sa mère
et rentrer, en paix, avec le soir

Mahmoud Darwich
Introduit par A.Amri
24.04.2013