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dimanche 29 mai 2016

Qu'est-ce que l'égalité ?

Qu'est-ce que l'égalité ?



Dans les bases de la République, gît un parent pauvre, délaissé, mal vu, parce que sa position de pierre maîtresse de la Vie Intelligente gêne les ambitieux.


Sans l'égalité, il ne saurait y avoir de fraternité, de laïcité, de solidarité : sans tout cet ensemble la liberté est un cheval impétueux prêt à tous les écarts, tous les excès. C'est bien ce qui est observé aujourd'hui, parce que la liberté a pris le pas sur tout le reste. Il faut crier casse-cou !


Il faut que TOUS les êtres humains prennent conscience que tous sont réellement égaux, et pas du bout des lèvres. Cette égalité va de pair avec une différenciation totale : nous avons beau être des milliards, des milliards ont eu beau nous précéder, des milliards vont nous succéder. Chacun est unique, de mille façons différentes, et dans chaque façon, de mille gradations différentes. Cela vaut pour la longueur de tel doigt, la nuance de couleur de telle peau, de tels cheveux. Cela vaut pour la forme d'intelligence : loin d'être stéréotypée, n'en déplaise aux Grands Décideurs Fous, ses nuances sont rigoureusement innombrables.


Justement, que sont ces Décideurs ? Certains qui ont développé, AU DÉTRIMENT d'autres talents, celui de subjuguer d'autres personnes par leurs actes ou leurs paroles. Sont-ils supérieurs ? En rien. Seulement plus dangereux, parce que leur liberté empiète sur celle d'autres personnes.


Y a-t-il, en contrepartie, des inférieurs ? Pas plus. Seulement des personnes plus discrètes sur leurs talents, qui ne les dévoileront peut-être jamais parce qu'elles seront écrasées. La prétendue supériorité masculine est là-dessus un exemple parmi beaucoup d'autres, même s'il concerne la moitié du genre humain.


Bien entendu, il n'y a aucune différence dans l'égalité des personnes, qui soit liée au sexe. Cela découle de ce qui a été énoncé plus haut. Et si, à travers les âges, des hommes ont tenté d'avoir le verbe plus haut et le poing plus prompt envers des femmes, c'est parce qu'à tort, ils en AVAIENT PEUR. Chacun possède SES talents, qui ne sont pas ceux des autres personnes, ou pas de la même façon. C'est tout.


Dans ce combat pour faire admettre que l'égalité est primordiale, et source de l'harmonie, des hommes un peu frustes se retrouvent avoir pour alliées des femmes probablement mal dans leur peau, qui oseront brandir (trop) hardiment le drapeau du féminisme. C'est une discrimination ! Qu'elle se révèle à l'envers de ce qu'on rencontre le plus souvent, n'y change rien. Nous sommes bel et bien tous égaux, tous différents.


Au cours d'une conversation, à propos de la représentation des humains dans une assemblée de décision, je soulevais entre autres le cas de mères allaitantes après une grossesse difficile : une voisine de discussion m'a immédiatement rembarré, genre « Tu n'es pas une femme, alors là-dessus, tais-toi ! ». Mauvaise idée, à mon avis, et brutalement exposée ! Une femme allaitante est une femme qui œuvre au bien de tous, c'est une tâche primordiale que d'allaiter, et devoir partager cette tâche avec une autre tâche tout aussi difficile, réfléchir et co-décider pour le bien de tous, aboutira à deux tâches mal accomplies.


Je crains que ma voisine n'ait précisément été féministe. Porter un enfant de la conception, ou presque, jusqu'à l'âge de trois ou quatre ans, c'est une tâche à temps plein à soi tout seul, qui mérite les mêmes égards et les mêmes rémunérations que la conduite d'un poids lourd ou une opération à cœur ouvert. Les talents diffèrent, il n'y a pas pour autant de degrés entre eux. J'ai souvent dit que l'employé municipal qui ramasse les poubelles est exactement aussi utile, lui qui vient chaque semaine, que le chirurgien dont il est bien possible qu'on n'aura jamais affaire à lui de toute sa vie.


L'égalité, quelle notion difficile à promouvoir, tant elle est essentielle ! Difficile, puisque, comme les exemples le démontrent abondamment, de très nombreuses personnes s'ingénieront à la rabaisser à une idée subalterne. Il faut dire qu'elle est particulièrement déplaisante, pour qui veut dominer (au détriment et sans doute à cause du manque d'autres talents précieux). C'est vrai des militaires, des prêtres, des empereurs (qui réunissent souvent les deux casquettes, pour plus d'efficacité).


Prenons les temps très anciens. Quand les plus faibles physiquement et les enfants, les vieillards étaient à l'abri, des sacrifiables de fait portaient des attaques, ou s'en défendaient. Puis, couverts de gnons et de gloire, s'ils s'en étaient sortis ils revenaient parader à l'image des mâles dominants d'espèces moins intelligentes. Subtil ? Euh...


Quand les plus faibles physiquement étaient à l'abri la nuit, d'autres mâles veillaient sous la pluie ou au clair de lune en cas d'attaques de carnivores nocturnes. Ce sont eux, petit à petit, qui par leurs observations de routine apprirent la ronde des jours et des mois, voire des années : forts de cette science ils revenaient parader en psalmodiant, comme si leur science immense les rendait supérieurs. Oui, il s'agissait encore de mâles.


Les uns et les autres faisaient donc tout, par des initiations diverses, pour promouvoir de pseudo-supérieurs, auxquels tous, trop jeunes, trop âgés, trop peu hardis, trop féminins, devaient le respect. Dix mille ans plus tard, RIEN n'a changé : quelle honte !


J'invite à repenser à ces aberrations, et à veiller à les chasser des esprits. Puis nous ferons une ronde, celle des égos égaux, quand toute notion de préséance, de compétition en quoi que ce soit aura fui les cerveaux les plus rétifs à cette nouvelle donne. Il faudra très tôt changer les visions qu'auront les enfants du monde, pour qu'ils s'y coulent naturellement au lieu d'être soumis très vite au stress de la lutte pour être le plus fort.


Bien sûr ce fera qu'il n'y aura plus de militaires, qu'il n'y aura plus de prêtres enclins à dominer via l'armée ou la religion (incidemment rappelons que pour certains, la Science est leur religion, à moins que ce ne soit l'Argent). Chacun croira ce qu'il voudra, en toute liberté, sans jamais l'imposer à quiconque. La vraie laïcité, c'est cela.



"De l'Égalité jaillira la Fraternité, celles-ci seront les bases de la liberté"


Ce sera la nouvelle devise.

mardi 24 mai 2016

Autres blogs proposés au public

Bonjour à tous !

Eh oui, j'étais bien là, fort occupé  des militantismes divers.


C'est au point que j'ai créé trois autres blogs, dont deux axés sur des actions locales :

44 Contre Linky est le support de notre collectif de l'agglomération nantaise, en lutte contre les diktats (encore) cette fois d'ERDF sous l'injonction de l'union européenne, qui souhaite surveiller toutes nos actions, même les plus intimes. C'est bien le vrai but, donc pas celui qui est mis en avant ( « des économies d'énergie » ), j'en ai eu confirmation par plusieurs sources.


Nantes pour une constituante est une ouverture du cercle nantais de l'Association Pour Une Constituante, dont le siège est à Paris. Elle regroupe tous ceux qui souhaitent s'investir en ce but.


Enfin le petit dernier est logiquement celui où l'on veut lutter contre l'union européenne, ce machin bruxellois imposé malgré la volonté claire du Peuple Souverain. J'y ai réuni des outils divers, il y en a forcément d'autres. 

http://ennemieurope.blogspot.fr/

Bonne lecture !

bab

mercredi 18 mai 2016

La maréchaussée bien chaussée sur la chaussée, courait aux chausses de chauds stipendiés ?

Une dépêche de l'AFP m'interpelle soudain.

Selon François Fillon, ancien premier ministre, les policiers seraient particulièrement tendus en raison des casseurs qui les agressent en marge des manifestations. Sans doute ne suit-il pas régulièrement ce qui se voit et se dit sur Internet à propos de ces violences.

De nombreuses vidéos démontrent clairement que parmi ces casseurs et trublions,  une partie importante est en fait composée de camarades de ces mêmes policiers. Sont-ce des casseurs par vocation agissant avec l'accord des autorités ? Sont-ce des policiers à part entière ? Bien malin qui pourrait le dire, à moins d'enlever ces trublions, et de leur faire les poches pour vérifier leur appartenance. Les simples citoyens n'ont pas le droit d'effectuer ces vérifications musclées. En tout cas, on constate que certains parmi ces casseurs, pris à partie par les citoyens manifestants, tout-à-coup foncent et s'échappent par une faille soudain ouverte dans le mur de robocops. Ou d'autres, qui ne savent pas être vus sans doute, après avoir commis des bris divers, remettent un brassard de forces de l'ordre alors qu'un autocollant d'un syndicat extrémiste est encore accroché à leur pantalon. Cela fait désordre.

Ces hommes-là sont en jean, blouson noir ou autre sans aucun insigne, parfois affublés de casques de motos dépareillés, ou de bandeaux leur cachant une partie du visage. Leur entraînement est visible.

C'est au point que j'ai été personnellement témoin d'une scène amusante. C'était à Nantes, précisément place du Cirque. Un groupe de ce genre, ils étaient une vingtaine avec des tenues diverses, mais tous des casques de différentes couleurs, marchait sur le cours des Cinquante Otages. Les jeunes, de leur côté, étaient en manif depuis le matin aux alentours de 10 heures, et se trouvaient alors à quelques centaines de mètres. Il était 19 heures. Soudain, sans doute sur un ordre discret, cette vingtaine d'homme s'est mise à courir au pas cadencé (j'insiste bien là-dessus) et s'est engouffrée à toute allure dans un de ces petits cars de CRS blancs à bandes bleues.  Le véhicule a démarré en direction de la rue de Feltre, très vite. Le tout n'a duré que quelques secondes.

Je ne sais pas ce que peut penser Monsieur Fillon de ces choses-là. Certes, il est évident que, dans la foulée, des petites frappes s'amusent à casser.  Mais ils ne présentent pas cet aspect professionnel, déterminé, "aux ordres" auquel on assiste le plus souvent.

Il a toujours été admis que la maréchaussée ou ses équivalents profite de troubles ou de colères pour en rajouter grâce à des têtes brûlées qu'elle lance "au combat" afin de discréditer les manifestants. C'est en quelque sorte "la règle du jeu", et tout le monde en est conscient. Que cela devienne aussi systématique, avec des hommes dont on craint qu'ils ne soient "des deux côtés de la barrière" à la fois, et en même temps des forces de l'ordre manœuvrant afin de piéger, de diviser, de maltraiter de plus en plus violemment de simples manifestants sans défense, ne peut manquer d'inquiéter pour la suite.

Histoire de finir sur une note humoristique, cela ferait presque penser à cette chanson, qui parle de ce qui se passe "par derrière, ou par devant".



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vendredi 13 mai 2016

Ethique et parti socialiste : sanctionner les vrais fautifs

On apprend par une dépêche de l'AFP que Jean-Christophe Cambalélis, actuel secrétaire du parti dit "socialiste", aurait saisi la Haute autorité du parti, à propos des vingt-quatre députés élus sous cette étiquette qui ont organisé la motion de censure "de gauche".  En fait, qui ont fait leur boulot. Pour rappel, il fallait 58 signatures, ils n'ont pu en obtenir que 56. Cette motion ne put donc pas être officiellement présentée.

Nous le peuple, devons traîner les non-dissidents devant le Tribunal du Peuple, pour avoir jeté dans la boue le mot "socialiste" fièrement porté par Jaurès et d'autres grandes figures. Ce sont les parlementaires inféodés au gouvernement et aux pressions de leur hiérarchie, elle-même prisonnière de...  qui sans aucun doute sont la cause de tous nos maux, à égalité totale avec leurs pendants de la droite assumée.

Ce sont donc ceux-là, tous les autres, qu'il convient de "vider", pour avoir failli à leurs devoirs de socialistes. Ne pas se tromper d'adversaires, surtout. En particulier, notre adversaire est aussi l'article 27 de la constitution de 1958 : celui-là n'a jamais été modifié, tiens donc !

Article 27
Tout mandat impératif est nul.
Le droit de vote des membres du Parlement est personnel.
La loi organique peut autoriser exceptionnellement la délégation de vote. Dans ce cas, nul ne peut recevoir délégation de plus d'un mandat.

Il va donc falloir continuer à se battre, pour que les vrais COUPABLES reçoivent leur châtiment.

Il va donc falloir continuer à se battre pour créer une nouvelle Constitution, donc d'abord une nouvelle Constituante issue cette fois du peuple. Une Constitution où l'équivalent de l'article 27 alinéa UN n'existera pas, ce qui permettra par simple pétition d'évincer un représentant qui a fauté dans l'exercice de son mandat.

Il va donc falloir continuer à créer les conditions pour que le Peuple Souverain expulse l'union européenne et l'otan du processus de décision nous concernant tous. Sortie de ces organes tentaculaires ET Constituante sont un même vœu, car le Peuple ne pourra pas écrire via ses représentants à l'assemblée constituante une Constitution libre sans la sortie.  Il faut que ce soit bien clair. Cela veut dire bien entendu bâillonner les patrons des organes de presse et d'information, figures éminentes du Capitalisme Mondialiste. C'est ce que n'ont pas fait Maduro et Rousseff, pour leur plus grand désagrément.



jeudi 12 mai 2016

MOTION DE CENSURE CITOYENNE

Une "motion de censure citoyenne" vient d'être lancée sur le Net

 Plus de détails ici :
http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20160512.AFP4935/contre-le-49-3-une-motion-de-censure-citoyenne-lancee-sur-internet.html


L'adresse pour s'y rendre est : http://motiondecensure.fr

 En voici le texte :


MOTION


Depuis des mois, nous sommes des millions à exprimer notre opposition et notre colère face au projet de loi "travail".
Nous ne voulons pas d’un texte qui facilite les licenciements, permette de contourner la loi dans les entreprises pour abîmer nos conditions de travail et menace notre vie quotidienne.
Le Gouvernement n’a pas de majorité pour voter cette loi, ni dans le pays, ni à l’Assemblée. Il a décidé de passer en force, en utilisant une anomalie démocratique, l’article 49.3 de la Constitution.
Ce Gouvernement n’a plus la confiance des salarié.e.s. Il n’a plus notre confiance.
En ajoutant mon nom à ce texte, je le censure.

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Je me permettrai d'aller plus loin.

Ce n'est pas pour rien que le 31 mars 2012 j'ai écrit à François Hollande pour lui suggérer de se désister IMMÉDIATEMENT avant le premier tour pour Jean-Luc Mélenchon, qui était par rapport à lui largement un moindre mal.  Il m'avait d'ailleurs répondu, à sa manière, donc sans répondre.

Depuis le début de ce quinquennat je n'ai donc AUCUNE confiance en cet homme, ni en ceux qu'il a appelés au Pouvoir. Hélas, si c'est possible, la suite des évènements s'est révélée encore bien pire que ce qu'on pouvait imaginer, les faits en sont là.

Cet homme, en pensée je le censure tous les jours, ainsi que tout l'appareil gouvernemental, sociétal, féodal. Je joins donc ma voix aux autres, ou plus exactement ce sont les autres qui se joignent à la mienne.

Que tombent les dictateurs, que tombent les tyrans, y compris financiers, ceux qui "murmurent à l'oreille des chevaux" du gouvernement et du parlement. 

Nous nous dresserons alors d'une seule voix pour mettre à la porte l'union européenne et l'otan, pour commencer. Le Peuple Souverain n'est en rien lié par les magouilles parlementaires comme celle du 4 février 2008.

Président, c'est foutu, tu as mis Marianne à la rue, désormais elle est DANS la rue avec ses défenseurs, et c'est toi qu devras partir pour ne plus revenir, ni toi ni "tes frères" de la pseudo-opposition.

Notre-Dame des Landes : "un four" pour y griller la démocratie

Notre Dame des Landes. D'autorité, l'État a décidé de lancer un référendum. D'autorité, et contre toute logique sauf la sienne, il entend le limiter au département de la Loire-Atlantique.

A l'approche d'une "consultation" (c'est maintenant le nom officiel, ce n'est plus un référendum) dont les modalités sont encore floues, bien des question se posent, et doivent se poser.

C'est pourquoi, parmi les nombreuses fiches thématiques rédigées par les Ateliers Citoyens, donc les personnes concernées elles-mêmes, mais aussi des experts reconnus, mais ayant accepté de s'y prêter bénévolement, je propose ici la fiche 20. Elle me paraît exemplaire de tout le dossier, dont je rappelle que ses prémisses datent de cinquante ans. Cette fiche, comme les autres, est accessible à tous sur le site de l'ACIPA.

Merci de répercuter vers le maximum de personnes les éléments de réflexion, et de décision si vous avez "la chance" d'habiter la Loire-Atlantique.

( "un four" : prendre ce terme dans le sens de ces spectacles ratés, à oublier très vite)


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Fiche n°20 : La comparaison entre Nantes Atlantique et Notre Dame des Landes

Publié dans Fiches thématiques
Nantes Atlantique ? Notre Dame des Landes ? La comparaison des deux solutions selon de nombreux critères est à l’avantage de Nantes Atlantique. À la veille de la consultation du 26 juin 2016, des questions importantes relatives au projet lui-même et à ses conséquences ne sont pas tranchées.

 
« Conserver Nantes Atlantique »
« Construire Notre Dame des Landes »
Capacité
de l'aérogare
Actuellement conçue pour 4 M passagers, l'aérogare peut être agrandie, progressivement en fonction de l'évolution du trafic. Elle peut évoluer sans problèmes jusqu'à 9 M passagers. Prévu au départ pour 4,5 M passagers, le projet doit être revu. Il pourra évoluer jusqu'à 9 M passagers. L'aérogare prévue pour 4,5 M de passagers offre des surfaces de service aux passagers plus petites et moins d'équipements que l'aéroport actuel (4 M), seules les zones commerciales sont agrandies.
Capacité de la piste Le trafic actuel est modeste, 49 000 mouvements commerciaux. Sur une piste équivalente, Genève compte 189 000 mouvements en 2015 (15,8 M passagers). Sur la plupart des aéroports régionaux de cette taille, l’aviation légère n’est pas autorisée alors qu’elle l’est toujours à NA. Une seule piste (de 2900 m comme à NA) suffit. Le projet devrait être revu : piste + taxiway au lieu des deux pistes prévues.
Bruit Le plan de gêne sonore actuel concerne 5000 habitants. A Toulouse c’est 56 000 et l’Etat a renoncé à transférer l’aéroport. Avec les nouveaux appareils et des changements de procédures, les zones impactées par le bruit aérien diminuent. A Nantes, l’Etat refuse d’actualiser le PGS et les cartes de bruit aérien du site de Nantes métropole, pour cacher cette réduction. Il refuse d’actualiser les procédures et d’installer des équipements nécessaires. Le plan de gêne sonore du nouvel aéroport ne concernerait qu’une centaine d’habitants. Le nombre d’habitants qui seraient soumis à un nouveau bruit routier du fait de la création du barreau routier et des aménagements des voiries n’a pas été chiffré.
Sécurité Pas de problème particulier. Nantes Atlantique est classé dans la catégorie A, aucune particularité, par la Direction Générale de l’Aviation Civile, contrairement à d’autres aéroports comme ceux de Strasbourg et de Marseille (B, particularité de relief ou risque inhabituel) où il y a aussi survol de la ville. Pas de problème particulier à NDL, mis à part les brouillards fréquents.
Certaines des trajectoires prévues survolent les sites Seveso de Saint-Nazaire.
Facilité d'accès NA est proche du périphérique nantais et relié au centre de Nantes par une navette (25 minutes). Un transport collectif sera créé en cas de maintien (tramway à 1,5 km, voie ferrée devant l'aérogare). Il y a de nombreuses alternatives low cost aux parkings plus ou moins couteux de l’aéroport. En moyenne, NDL s’éloigne de sa clientèle régulière et se rapproche de sa clientèle loisirs. Il devait y avoir dès l’ouverture un transport collectif performant mais, compte tenu de l'état des finances publiques, ce ne sera pas le cas, seul un service de car (50 minutes) est prévu. 7 500 places de parkings coûteuses sont prévues.
Coût pour la collectivité La rénovation de la plateforme est à la charge du concessionnaire. Les collectivités locales supporteraient le coût de la prolongation du tramway (47 M euros) ou de la rénovation de la ligne ferroviaire (35 M maximum + fonctionnement). Sur les 571 M euros (HT actualisation 2016) d’investissement initial, 280 sont de l’argent public (Etat et collectivités). Les collectivités locales pourraient voir leur participation s’envoler : gestion de piste à NA, tram-train, voire un pont sur la Loire.
Le coût du projet est largement sous-estimé. L’aéroport de Ciudad Real (une piste), construit  en Espagne en 2006 a coûté 1 milliard d’euros.
Ouverture au monde L’aéroport de Nantes Atlantique est déjà un aéroport international : plus d’une vingtaine de pays desservis depuis Nantes et près de 90 destinations, essentiellement à l’international. La clientèle régulière (déplacements professionnels), habite dans l’ensemble plus près de NA que de NDL. NDL ne proposera pas plus de destinations. Si les tarifs aéroportuaires sont plus élevés (pour rembourser l’endettement), des compagnies low cost risquent de s’installer ailleurs.
Développement économique Les régions Pays de la Loire et Bretagne sont plus dynamiques que la moyenne avec les infrastructures existantes. Les améliorations à apporter portent sur plus de transport ferroviaire pour les déplacements quotidiens, un désengorgement des voies embouteillées comme le périphérique nantais.
La principale zone économique du sud Loire, D2A, bénéficie de la proximité de l’aéroport. L’IRT Jules Verne peut se développer, la proximité de l’aéroport est un atout.
La construction de NDL apportera de l’activité au BTP mais une destruction d’activité agricole et le reste de l’économie ne sera pas gagnant : plus d’embouteillages avec le transfert de 2 000 salariés du sud au nord de Nantes, aggravation du déficit d’emplois au sud Loire, trajets plus longs pour rejoindre l’aéroport pour la majorité de la clientèle régulière, parkings plus chers…taxes d’aéroport plus couteuses Yves Crozet, directeur du laboratoire d’économie des transports : « les infrastructures de transport n’apportent pas en général de surcroît d’activité économique ».
Emplois Maintien des emplois de NA.
Croissance de l’emploi de NA si croissance du trafic.
Maintien des emplois agricoles et liés de NDL.
Des emplois de rénovation pendant 2 ans (entreprises locales).
  > Transfert et réduction des emplois de NA vers NDL plus optimisé (environ 350 emplois de moins).
> Croissance de l’emploi de NDL si croissance du trafic. > Destruction des emplois agricoles et liés de NDL.
> Des emplois de chantier pendant 4 ans (surtout travailleurs déplacés des pays à faibles salaires).
> Des risques pour Airbus.
> Des risques pour les autres aéroports de l’Ouest.
Agriculture Maintien de l’agriculture à NDL Destruction d’un des principaux bassins laitiers, près de 1 000 ha de terres agricoles détruits (le double si LGV), au minimum 200 emplois détruits.  mitage urbain prévisible  lié à l’implantation des nouveaux habitants La Loire Atlantique doit, plus que d’autres départements, freiner l’artificialisation de ses terres.
Impact sur l’environnement Conserver NA permet à la fois de continuer à protéger le lac de Grand-Lieu de l’urbanisation et de conserver au nord de Nantes une zone humide très importante, en tête de deux bassins versants, réservoir de biodiversité hébergeant de nombreuses espèces protégées.
Même s’il fallait prolonger la piste de 60m au sud, il n’y aurait pas d’impact environnemental sur le lac de Grand-Lieu et ses abords.
Du point de vue des enjeux du climat, la rénovation de l’aérogare la rendra plus économe en énergie et réduira ses émissions de gaz à effet de serre.
  • Destruction d’une zone humide très importante, en tête de deux bassins versants, réservoir de biodiversité, et de nombreuses espèces protégées.
  • Risque d’inondations. La méthode de compensation proposée a été invalidée par les experts nommés par le gouvernement.
  • Au sud, menace pour le lac de Grand-Lieu : les terrains devraient rester non constructibles (contraire aux vœux de la municipalité).
  • Du point de vue des enjeux du climat, la construction de la plateforme représente 110 années d’émissions  de GES en phase d’exploitation ; davantage de CO2 émis par les voitures (trajets plus longs).

Questions non résolues - Conserver et rénover Nantes Atlantique :
La question du bruit aérien : les nuisances sonores affecteront-elles à l’avenir d’avantage de population ? Le nombre de mouvements d’avions devra-t-il être plafonné à 56 000 afin de ne pas entrainer de contraintes urbanistiques sur l’Ile de Nantes ?
La question du coût de réaménagement : la piste doit-elle être totalement démolie puis reconstruite (version DGAC 2013) ou bien un resurfaçage associé à des mises en conformité suffit-il (version DGAC 2006 et Atelier citoyen) ? Le coût de réaménagement en dépend, même si ce coût est dans les deux cas inférieur au coût de construction de NDL.

Ces deux questions techniques devraient être éclairées par une expertise vraiment indépendante; la mission CGEDD d’avril 2016 demande d’ailleurs une « tierce expertise » sur ces deux points.

Questions non résolues - Construire Notre Dame des Landes :
Combien de pistes ? L’aéroport était prévu avec deux pistes, il est maintenant recommandé avec une seule piste.
Que deviendra la piste actuelle de Nantes Atlantique ?
- Si elle est conservée comme Airbus l’a demandé :
  • qui paye pour son fonctionnement ? Jusqu’à présent seul le CD 44 a dit qu’il participerait (mais c’est désormais hors de son champ de compétences);
  • l’aviation légère restera-t-elle sur cette piste ? (souvent pénible pour les riverains)
  • quels autres vols y accèderaient ? les avions détournés de NDL à cause du brouillard ?

- Si elle n’est pas conservée :
  • le coût de sa démolition est-il intégré au budget de NDL ?
  • quelles garanties seront données aux salariés d’Airbus et de ses sous-traitants quant à la pérennité de l’établissement à Bouguenais ?
  • où relocaliser les 16 000 mouvements de  l’aviation légère ? À NDL ?

Que deviendront les autres aéroports de l’Ouest ? à cette question récurrente, toujours pas de réponse.

Mise à jour du 1/05/2016

mardi 10 mai 2016

Le car Anthneuff - Troyes est avancé

Eh voilà. N'en tenant plus (le cabinet était plein ?) le conseil des sinistres a été avancé à aujourd'hui, et déjà les députés sont appelés maintenant à plancher sur le 49-3 officiellement déposé.  Une révolution de palais de plus ?Bien entendu, les vrais concernés, soit tout le monde du travail et de ceux qui sont en âge d'en faire partie, ne peuvent rien dire, rien faire. On ne peut guère mobiliser en une heure un million ou plus de personnes.

La tyrannie vient encore d'avancer d'un grand pas. Quand cela va-t-il finir ? Des piques se dressent-elles déjà ? Les syndicats vont-ils réagir même un peu ?

Rois du monde, vous les magnats héréditaires de la Grand Finance, pensez à ce qui arriva à un autre roi. Pour une fois, ce pourraient être les sans-dents qui bousculent  "l'ordre établi". Et qui enfin imposent leurs solutions à eux contre la mainmise de Bruxelles, donc de Washington, la City et Downtown Manhattan.



(euh, le titre fait penser à un sinistre, dont les modes de locomotion publics ne sont pas exactement une réussite, mais ceux-ci ont fait cependant un mal terrible à la SNCF)

lundi 9 mai 2016

La fin de la Grande Guerre Patriotique, en attendant la suivante

Ce 9 mai, les Russes et les autres Slaves auront à cœur de fêter comme chaque année la commémoration de la fin d'un conflit terrible. Conflit qui fit perdre vingt-sept millions de citoyens soviétiques et leurs alliés. On s'en remet difficilement.

Les troupes russes arrivent dans Unter den Linden
Soyons de tout cœur avec eux. Ce sont EUX, et personne d'autre, qui nous ont sauvés à l'époque du Grand $¥$T€M€, relayés heureusement par Charles de Gaulle qui a mis dehors les troupes et les monnaies d'occupation U$ de notre côté.

Cela ne nous empêchera pas de déplorer que trois mois plus tard l'ennemi de TOUS, le monstre financier qui utilise le régime de Washington pour arriver à ses fins, a relancé la donne pour garder A TOUT PRIX le leadership (il a même inventé le mot) mondial. Ce qui est arrivé le 6 août 1945 à Hiroshima et le 9 août à Nagasaki n'était pas un moyen de finir d'écraser un Japon déjà à genoux, mais un "coup de semonce" chèrement payé par les simples Japonais, au gouvernement soviétique qui avançait en extrême-orient. Le dernier front de cette guerre-là s'est alors figé, provisoirement. C'était le premier "pion en avant" d'une Nouvelle Grande Guerre Mondiale, la TOUTE DERNIÈRE sans doute, qui pourrait bien s'arrêter faute de combattants.

Cela ne nous empêchera pas de déplorer qu'en Europe, et singulièrement en Europe de l'Est (Estonie, Ukraine), des Nazis toujours aussi fanatiques relèvent la tête et prennent la suite de leurs aînés des années 30-40, y compris dans des exaction abominables. Ceci ne nous empêchera pas de déplorer et de dénoncer que ces Nazis nouveaux sont soutenus en sous-main par des régimes dits "Occidentaux", celui de Washington, encore lui, en tête.

A quand, la fin de la volonté de domination suprême par l'Ogre sanglant et tellement brutal ?






mardi 26 avril 2016

Le terrible mou et le terrible dur : l'ensemble terrible... ment

Il était une fois un roué de Rouen qui monta à la capitale... 

Biographie succincte
Il est né de bourgeois très catholiques et pas vraiment de gauche.  Son père, né à Cognac - tiens donc, pas loin de Jarnac - était ami de Jean-Louis Tixier-Vignancourt dont on connaissait les affinités. Sans panache, mais sans catastrophes, il se retrouva dans la filière HEC - Science Po - ENA, celle qui fabrique à coup sûr les "génies" aseptisés avec soin. Jamais tonitruant, patient, il se forma ensuite au contact d'un autre François, celui de Jarnac justement. Le bon élève, mais pas trop. Il fut d'ailleurs remarqué par une officine  avec d'autres, puisque en 1996 il partagea avec Anne Lauvergeon, Pierre Mariani, Pierre Moscovici, Denis Olivennes et Dominique et Pierre Nora l'honneur de faire partie des Young Leaders de l'année. Seul accroc "aux bons usages", cet homme ne s'est jamais marié, ce qui à l'époque était moins fréquent. Ou du moins si, marié avec la politique, il la trompait avec délicatesse avec des dames très convenables qui n'empiétaient pas sur sa passion primaire.

 Vocabulaire nécessaire
 François Hollande a toujours été le grand spécialiste de la médiocritude : en effet pour un astronome un astre médiocre n'est ni trop gros, ni trop petit, ni trop près du centre, ni trop près de la périphérie, ni trop chaud, ni trop froid. Son arme : ne dire non à personne, et quand il conviendrait enfin de dire oui, assurer que le soleil s'est bien levé ce matin, que les vaches sont bien gardées, et que ce soir une nouvelle journée se sera déroulée.

En rajouter avec une apparence artistement pensée pour simuler le ridicule, pantalon trop long et corpulence évoquant celle d'un ministre des Dons et Legs du XIXe siècle.

Ce qui en résulta
C'est avec de tels atouts que cet homme a réussi à faire passer un pays florissant en général, dans le camp des "pays du Sud", ceux que traient ceux du "Nord". Ne s'en sortent (remarquablement bien) qu'une vingtaine de personnages qui étaient déjà très riches, et dont la particularité, souvent, est de posséder les organes de Renommée pratiquant l'auto-proclamation d'une certaine vérité, la leur.

Le sieur Hollande donc, pratiquant avec assiduité la "médiocrité" telle que définie plus haut, devint donc un assistant médiocre à de hauts personnages, puis un premier secrétaire médiocre d'un parti médiocre, dont il était le médiocre et efficace pivot ; puis enfin un président médiocre. Sa médiocrité obscure lui permit de mettre à bien des contre-réformes hautement impopulaires, qui eussent jeté dans la rue des millions de mécontents si elle avaient été promulguées par un personnage haut en couleurs. Plus subtilement, il réussit à s'adjoindre un autre homme, subtilement débordant de haine bien simulée, aficionado d'un autre très Franco de port sur ses méthodes, afin de créer un duo digne des meilleurs cabarets. Pour trouver plus bel assemblage de compétences diverses, il faut remonter à la période thermidorienne probablement. Entre Siéyès et son Ducos ( " J'ai vécu " ), Fouché, Talleyrand ( " hommes d'église " ), Barras, Tallien, fermentait un monde assez ressemblant à cette Vème république en fin de règne, avec des banquiers déjà, et des fortunes montantes.




S'étonne-t-on, si la Presse aux ordres, la radio aux ordres, la télé garde-à-vous vont tout faire pour promouvoir leur produit, garanti SGDG, estampillé, labellisé voire javellisé ? C'est "ce qu'il vous faut" ! (enfin, c'est ce qu'il faut à la vingtaine de quidams dont on parle plus haut). Nous aurons, ils auront une France médiocrisée, dé-stabilisée, dé-centrée, mais surtout dégoûtée....

lundi 25 avril 2016

Tchernobyl : trente ans plus tard, un passé toujours plus d'actualité

Le 26 avril 1986, un concours de circonstances où les erreurs humaines ont largement contribué à transformer en grande catastrophe ce qui aurait pu n'être qu'un incident, a fait sauter le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Située tout au nord de l'Ukraine, presque à la frontière avec la Biélorussie,  cette centrale au graphite (et non à l'eau pressurisée comme en France) a couvert l'Europe entière d'un nuage de particules hautement radioactives.

L'Europe s'est mobilisée de façon terriblement dispersée. Autant certains pays ont alerté (la Norvège la première), réagi en aidant à circonscrire la diffusion de produits contaminés (légumes, lait, champignons, plantes aromatiques), autant d'autres se sont défendus de toute mesure pour des raisons idéologiques. La France en premier, où "les élites" sont les grands-prêtres de la religion du Nucléaire, a refusé toute mesure, parce que.... eh bien parce que pour elle il ne s'est rien passé et Superdupont a repoussé le nuage juste au-delà de la frontière. La lavande de Provence et les fromages corses en savent quelque chose.

Peut-on faire un bilan ? Il n'est pas aisé, car certaines statistiques n'ont jamais été publiées, certaines analyses non plus. Lobby du nucléaire oblige. Malgré tout on peut considérer que trois cent mille personnes au minimum sont décédées assez rapidement de contaminations externes  (pour avoir touché des zones contaminées), comme internes (par inhalation de poussière ou ingestion de fruits, légumes ou produits laitiers). Parmi ces personnes, et en première ligne, les "liquidateurs" (ils étaient un million, par roulements) furent aux premières loges pour manipuler souvent sans protection les substances dangereuses. S'y ajoutent tous les cas moins facilement associés à ce risque, et qui peuvent être très nombreux. Il faut penser aussi aux enfants qui sont nés avec des anomalies, ou aussi aux nombreuses fausses couches en raison de fœtus non viables.

Cela n'empêche pas " les Autorités ", encore aujourd'hui, de déclarer que tout va très bien, Madame la marquise. L'École Polytechnique (dont on peut admirer l'humour à considérer le nucléaire comme une énergie durable, alors que ce sont les EFFETS qui sont durables) s'y entend, pour couvrir les traces, par la rétention d'information, par les menaces, par la révocation de trublions "indiscrets". Les différents organismes ad hoc dont les noms changent souvent - sans doute pour brouiller les pistes - ne communiquent que le moins possible de données, voire des données tronquées ou biaisées. Il est heureux que des citoyens responsables, eux, aient réussi à monter la CRIIRAD. Ce centre où les bénévoles compétents sont très motivés nous en a appris beaucoup. Précisément parce que le monde politique a tout nié en bloc, c'est sa détermination qui en a rendu la présence si utile. Sa compétence a d'ailleurs été précieuse à Fukushima : là encore les autorités nippones, très frileuses en ce qui concerne le nucléaire, en ont dit le moins possible, et se sont ingéniées à apporter des informations erronées, tronquées, manipulées.

Pour qui veut plus de précisions, nous ne saurions passer sous silence une remarquable étude, sous forme de bande dessinée, que l'Association Française des Malades de la Thyroïde vient de publier. Elle s'appelle Tchernobyl, le nuage sans fin.

Tchernobyl, Fukushima, et le reste. A chaque fois, le puissant lobby international du nucléaire barre le chemin au besoin de comprendre. Qui dit nucléaire, dit militaire, toujours. Toujours. Doit-on rappeler  que l'Organisation Mondiale de la Santé, à Genève, est même officiellement sous la coupe de l'Agence Internationale de l'Énergie Nucléaire, de Vienne ? (et non l'inverse) Cela en dit long. En été 2011, à la suite du désastre de jour en jour plus grave de Fukushima, le Premier Ministre Naoto Kan a limogé son très pro-nucléaire ministre de l'énergie. Presque aussitôt une motion de censure l'a renversé, et aujourd'hui c'est le très pro-nucléaire  et très autoritaire Abe qui le remplace.

Et demain ? Désormais notre Terre tout entière est sous le risque à la fois des conséquences de ces deux catastrophes, l'une il y a trente ans aujourd'hui, l'autre cinq ans depuis le 11 mars. On n'ose même pas évoquer les autres catastrophes moins graves sans doute, mais dont insidieusement les effets s'ajoutent. Je pense en particulier "à l'incident" de Maïak de 1957, tout de même à l'échelon 6... mais dont on n'a su la nouvelle que très longtemps après. Maïak est un peu au nord de Tcheliabinsk, soit pas très loin du Kazakhstan.  Il ne reste plus qu'à espérer que cette accumulation de radiations ne compromette pas trop l'avenir de l'humanité.

vendredi 11 mars 2016

Fukushima : le début de la fin du monde a cinq ans

Cela se passe le vendredi 11 mars 2011 à h 46 min 23 s UTC, soit 14 h 46 min 23 s heure locale ou 6 h 46 min 23 s heure officielle française d'hiver. Un tremblement de terre de force 9,0 le plus violent enregistré au Japon, où pourtant il s'en produit des dizaines chaque jour, se déclenche à 130 Km à l'est de Sendai, ville sur la côte est du Japon, à 303 Km au nord de Tokyo. Déjà cette secousse rare provoque de nombreux dégâts, dont le violent incendie dans la raffinerie d'Ichihara, un peu au nord de Tokyo. Ce jour-là on ne parle guère aux infos que de cet accident-là.

Le séisme provoque un gros tsunami, une vague gigantesque de 14,5 mètres de hauteur, qui va balayer toute la côte du Tohoku, donc la région nord-est de l'île de Honshù.  Des navires se retrouveront à vingt kilomètres à l'intérieur des terres. Tout sera détruit. Même aujourd'hui cette région redémarre à grand-peine.

C'est au sud de cette côte que se déclenchera la catastrophe la plus pérenne. Le séisme a déjà endommagé des liaisons électriques, malmené des pompes à la centrale électrique Fukushima Daiichi. Quand l'immense vague arrive, en noyant tout elle parachève le travail. Les réacteurs 1, 2 et 3 ne peuvent plus être refroidis par l'apport continuel d'eau de refroidissement. Vers 17 heures, heure locale, la tragédie est déjà en place, et le directeur (décédé quelques mois plus tard d'un cancer) en est conscient même si à Tokyo on n'a pas encore pris la mesure des évènements.  D'ailleurs les infos n'en parlent pas du tout.

A partir de là, les explosions vont se succéder dans les journées suivantes, le plus souvent en raison de l'hydrogène de l'eau décomposée par la chaleur, qui la recompose à la moindre étincelle. Mais aussi le 15, sur le réacteur 3 une montée violente de gaz en feu, de débris et autres indique un accident de criticité assez caractéristique (le réacteur est chargé au MOX) : un peu comme une bombe nucléaire larvée.

On voit là les réacteurs 1, 2 et 3 après nettoyage

Les hommes tentent ce qu'ils peuvent, avec des camions de pompiers, avec de l'eau de mer qu'ils pompent directement. La radioactivité très importante empêche d'approcher, ce qui oblige à inventer chaque jour de nouveau gadgets (on peut vraiment le dire ainsi) pour tenter quelque chose. On peut dire que cinq ans plus tard, on en est pratiquement à ce stade-là.

Actuellement, chaque jour l'eau des nappes phréatiques pénètre un peu dans la centrale, et s'y souille. Chaque jour les 3000 employés pompent des eaux de refroidissement, qui seront contaminées, un peu décontaminées, stockées. Un mur de glace édifié à grand-peine tente de détourner les eaux de source pour qu'elles ne touchent pas les matières irradiées. Chaque jour malgré tout, 300 tonnes d'eau dangereuse s'écoulent à la mer sans qu'on n'y puisse rien. Chaque jour des vapeur pour le moins suspectes s'échappent des cauchemars que sont devenus les 3 réacteurs éventrés. Quant au combustible qu'ils contenaient, nul ne sait désormais où est passé le corium (cœur en fusion) en quoi il s'est transformé. Il a percé les enceintes de béton durci, et erre quelque part dessous, rencontrant de l'eau qui le refroidit et le régénère en même temps.

Il est maintenant admis que le tiers des océans est désormais pollué plus ou moins gravement par cet évènement. Loin de se résorber, cette pollution va s'étendre. Sa source est toujours là, qui l'alimente jour après jour.   Malgré les précautions, un accident de ce type peut advenir à n'importe quel moment dans une centrale. Le Japon n'a plus que deux réacteurs en fonctionnement, la France en a 54. Sur le lieu statistiquement probable d'une autre tragédie, nul besoin de faire un dessin.

jeudi 10 mars 2016

Le néolibéralisme, un fascisme ? Oui, certainement ! par Pierre Verhas

Voilà un article qui va au fond même du Système actuel, et qui en démonte les mécanismes les plus basiques. Merci au Grand Soir pour avoir relayé ce billet.


Selon la présidente de l’Association syndicale des magistrats belges...

Le néolibéralisme, un fascisme ? Oui, certainement !

Dans Le Soir du jeudi 3 mars 2016, Madame Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats en Belgique, a fait paraître une tribune intitulée « le néolibéralisme est un fascisme ! ». Madame Cadelli est en effet connue pour ne pas avoir sa langue dans sa poche. L’année dernière, par exemple, elle a dénoncé avec vigueur la politisation du Conseil supérieur de la Justice, alors qu’il a été créé pour éviter cette fameuse politisation. Aujourd’hui, elle s’attaque au néolibéralisme bien présent dans le gouvernement de Charles Michel.
Ses propos, on s’y attendait, ont provoqué une levée de boucliers chez les tenants du libéralisme pur et dur en Belgique francophone. Henri Miller, Louis Michel, Corentin de Salle y sont allés de leurs dénonciations indignées ! Oser les traiter de fascistes, eux, les libéraux purs et durs, tenants d’une pensée inaliénable issue des Lumières ! Horresco referens ! Louis Michel est allé jusqu’à dire : « Je ne voudrais pas être jugé par cette magistrate ! » Tiens ! Ce serait instructif de voir cela, s’il échait…

Outre le titre « provocateur », qu’écrit donc Madame Cadelli ? Elle commence par distinguer clairement libéralisme, doctrine « déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales. » et le néolibéralisme qui est « cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme. »

Elle définit ensuite le fascisme comme étant « l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste. » Le néolibéralisme est donc un fascisme « car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun. »

Manuela Cadelli passe ensuite en revue les différentes mesures néolibérales imposées par la finance.

Tout d’abord, l’austérité est désormais « une valeur supérieure qui remplace le politique. » Elle s’inscrit même dans les Constitutions des Etats et « ridiculise » les services publics. L’austérité a des graves conséquences sur la base philosophique de notre vie socialie, car elle génère en outre un « nihilisme » qui « a permis de congédier l’universalisme et les valeurs humanistes les plus évidentes : solidarité, fraternité, intégration et respect de tous et des différences. » Même la pensée économique en est ébranlée. Autrefois, le travail était un élément de la demande, aujourd’hui il n’est plus qu’une « simple variable d’ajustement. »

La novlangue orwellienne

La magistrate dénonce ensuite l’évolution orwellienne de notre société. Elle énumère une série de mots dont la définition académique est transformée « … comme dans le roman de George Orwell, le néolibéralisme a sa novlangue et ses éléments de communication qui permettent de déformer le réel. Ainsi, toute coupe budgétaire relève-t-elle actuellement de la modernisation des secteurs touchés. Les plus démunis ne se voient plus rembourser certains soins de santé et renoncent à consulter un dentiste ? C’est que la modernisation de la sécurité sociale est en marche.

L’abstraction domine dans le discours public pour en évincer les implications sur l’humain. Ainsi, s’agissant des migrants, est-il impérieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pourraient assumer. De même, certaines personnes sont-elles qualifiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la solidarité nationale. »

Un autre aspect est le « culte de l’évaluation ». On applique le darwinisme social qui invite à tout le temps faire des performances et estime que « faiblir c’est faillir ». C’est aussi un totalitarisme de la pensée : « tout postulat humaniste est disqualifié ou démonétisé car le néolibéralisme a le monopole de la rationalité et du réalisme. Margaret Thatcher l’a indiqué en 1985 : « There is no alternative » (le célèbre TINA). Tout le reste n’est qu’utopie, déraison et régression. Les vertus du débat et de la conflictualité sont discréditées puisque l’histoire est régie par une nécessité. »

L’efficacité est la maîtresse absolue. L’évaluation permanente détruit la confiance et les relations sociales. « La créativité et l’esprit critique sont étouffés par la gestion. Et chacun de battre sa coulpe sur les gaspillages et les inerties dont il est coupable. »

Comme magistrate, Madame Cadelli se penche sur la Justice en Belgique qui, d’après elle, est la dernière de tous les Etats de l’Atlantique à l’Oural !

Le néolibéralisme engendre des normes qui concurrencent les lois votées au Parlement. « La puissance démocratique du droit est donc compromise. Dans la concrétisation qu’ils représentent des libertés et des émancipations, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le droit et la procédure sont désormais des obstacles. »

D’autre part, les restrictions budgétaires, la Justice n’est plus ce contre pouvoir prévu par la Constitution. « En deux ans, le gouvernement a réussi à lui ôter l’indépendance que la Constitution lui avait conférée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pouvoir qu’il attend d’elle. Le projet est manifestement celui-là : qu’il n’y ait plus de justice en Belgique. »

Et elle constate : « Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches. »

Ensuite, l’auteure dénonce une classe dominante bien décrite par Thomas Piketty dans son livre Le capital au XXIe siècle. Cette classe ne se soucie ni d’éthique, ni de l’intérêt général. Elle s’impose par sa brutalité.

Enfin, Manuela Cadelli dénonce « l’idéal sécuritaire » issu du terrorisme : « Le terrorisme, cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité. »

Après ces terribles constats, il reste cependant un espoir comme cela s’est passé à plusieurs reprises tout au long de l’histoire : reprenant Machiavel, la juge écrit « plus la situation est tragique, plus elle commande l’action et le refus de « s’abandonner » (…). Cet enseignement s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble compromis. La détermination des citoyens attachés à la radicalité des valeurs démocratiques constitue une ressource inestimable qui n’a pas encore révélé, à tout le moins en Belgique, son potentiel d’entraînement et sa puissance de modifier ce qui est présenté comme inéluctable. Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, chacun peut désormais s’engager, particulièrement au sein des services publics, dans les universités, avec le monde étudiant, dans la magistrature et au barreau, pour ramener le bien commun et la justice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités. »

Le salut est donc dans l’engagement. Mais, sans doute est-ce quelque peu optimiste étant donné que l’engagement ne peut se concevoir uniquement de manière individuelle sans qu’il y ait une organisation pour les coordonner.

La riposte
Bien entendu, ce langage n’a pas du tout été apprécié par les libéraux au pouvoir en Belgique et même en France. Epinglons la réplique de Corentin de Salle parue dans Le Soir du 4 mars. Il est directeur scientifique du Centre Gol, le bureau d’études du MR (Mouvement Réformateur, le parti libéral francophone belge avec à sa tête Charles Michel, l’actuel Premier ministre, allié aux nationalistes flamands de la NV-A). Corentin de Salle, universitaire né en 1972, appuyé à ses débuts par Hervé Hasquin, a fondé l’institut Hayek, il est directeur de l’institut Atlantis qui prône les idées néoconservatrices – tout un programme ! Il est un grand admirateur de Friedrich von Hayek, l’économiste ultralibéral de la période de la guerre auteur de la « Route de la servitude » – en quelque sorte le manifeste de l’ultralibéralisme – où il dénonçait avec force le socialisme et le keynésianisme tout en prônant une société où l’Etat serait réduit à sa plus simple expression au plus grand profit des entreprises privées. De Salle a été chroniqueur au quotidien catholique La Libre Belgique qui s’est séparée de lui suite à une tribune aux relents xénophobes.

Dans sa réplique à la tribune de Madame Cadelli, de Salle commence par s’indigner de ses propos qu’il considère comme insultants. Pensez : assimiler la pensée dominante au fascisme ! Quel sacrilège !

Ensuite, le sophisme : le néolibéralisme n’existe pas. Dès lors, s’il n’existe pas, il ne peut être fasciste. « Certes, Manuela Cadelli prend grand soin de distinguer le « libéralisme » du « néolibéralisme ». C’est là une stratégie oratoire classique. Comme personne ne peut contester l’apport considérable de la tradition libérale à notre société, les détracteurs du libéralisme ont inventé ce concept factice de « néolibéralisme ». En réalité, le néolibéralisme n’existe pas. » M. de Salle devrait pourtant savoir que les politologues distinguent bien le libéralisme politique issu des lumières, considéré comme à gauche jusqu’à la deuxième guerre mondiale, du libéralisme économique qui est devenu le néolibéralisme.

La réalité du néolibéralisme
Ensuite, c’est du délire : « Il est vrai qu’au siècle passé, peu avant la Deuxième Guerre mondiale, plusieurs penseurs libéraux ou socio-démocrates (Jacques Rueff, Maurice Allais, John Maynard Keynes, etc.), principalement de gauche, se sont revendiqués comme étant « néolibéraux ». Mais, pris au sens qu’on lui donne la plupart du temps, le terme « néolibéralisme » est une mystification intellectuelle : c’est une théorie inventée de toutes pièces par des intellectuels antilibéraux et qui est présentée comme un catalogue de dogmes et d’articles de foi de la communauté libérale dans le but de discréditer le libéralisme. »… Jacques Rueff, John Maynard Keynes et Maurice Allais de gauche ! Non, libéraux reconnaissant le rôle régulateur de l’Etat. Mais c’est déjà trop pour le directeur scientifique du Centre Jean Gol !

Alors, rafraichissons la mémoire de ce cher Corentin. Il affirme qu’il n’y a aucun auteur qui se réclame du néolibéralisme. Encore un sophisme. C’est vrai et faux à la fois. L’expression « néolibéralisme » apparaît dans les années 1930. En réalité, il s’agissait d’une mode. Tout était « néo » : il y avait le « néo marxisme », le « néo socialisme », le « néo saintsimonisme », etc. Il s’agissait, à l’époque, on était en pleine crise économico-financière et le fascisme commençait à s’imposer, de refonder les anciennes doctrines du XIXe siècle et de les adapter aux critères de l’époque.

Contrairement à ce qu’il se passe aujourd’hui, le libéralisme, à l’époque, était remis en question suite à la crise de 1929. Il fallait dépasser les vieux modèles de l’individualisme économique et opter pour une économie plus collective. Keynes n’était pas loin ! Il se développe également un « planisme néolibéral » en réponse au planisme socialiste du Belge Henri de Man. Aussi, on peut dire que Corentin de Salle avait raison en écrivant que John Maynard Keynes était néolibéral (mais ne s’en revendiquait pas). Oui, mais dans le sens du « néolibéralisme » de l’époque qui tentait de répondre à la critique radicale faite au libéralisme suite à la crise.

Aussi, le cher Corentin trompe son monde. Le néolibéralisme des années 1930 n’a rien à voir avec le néolibéralisme contemporain qui comprend la nouvelle économie, ou économie de l’offre qui sévit actuellement comme pensée dominante.

Aussi, cette pensée dominante, selon le directeur de l’institut Atlantis, ne peut s’appeler « néolibérale ». Aussi conclut-il, péremptoire : « En réalité, le néolibéralisme n’existe pas. » Il est bien le seul à le dire !

Les sophismes de Corentin
Il y a une autre tromperie de notre grand universitaire libéral. Il accuse ! « …les intellectuels antilibéraux en sont venus à considérer de bonne foi que les amalgames, simplismes, mensonges et calomnies de leurs prédécesseurs sur le libéralisme constituaient réellement le corpus du libéralisme. Beaucoup pensent sincèrement que cette idéologie repoussoir a réellement été construite par des penseurs libéraux au cours du dernier siècle. Ces derniers sont qualifiés de « néolibéraux ». Qu’est-ce que cela signifie ? Rien. »
Nouvelle malhonnêteté intellectuelle : tous les politologues distinguent la pensée libérale politique de la pensée économique qui est celle du néolibéralisme, à savoir cette pensée dont les principaux fondateurs sont Friedrich von Hayek, Ludwig Von Mises et Milton Friedman. Et on a appelé cela « néolibéralisme » pour le distinguer du libéralisme politique. Mais de Salle persiste. Il écrit plus loin : « il [l’ultralibéralisme] véhicule l’idée que, certes, dans le domaine des idées politiques, le libéralisme a apporté une contribution qui n’est pas dénuée de valeur (les libertés fondamentales, la première génération des droits de l’homme, plusieurs principes démocratiques, etc.) mais que, sous peine de se contredire et de s’annihiler, il doit être absolument tempéré, canalisé, contrebalancé, régulé, etc. par des considérations sociales, humanistes, etc. »

Un exemple tragique : le néolibéralisme n’a rien à voir avec le libéralisme politique qui est un des piliers de la démocratie. En effet, en 1973 au Chili, les néolibéraux américains de l’école de Chicago dirigée par Milton Friedman ont participé au renversement du président élu Salvador Allende et à l’installation de la sanglante dictature du général Pinochet. Et il existe d’autres exemples aussi tragiques dans différentes parties du monde. Mais, pour de Salle, les adversaires du néolibéralisme confondent libéralisme et néolibéralisme.

En réalité, c’est Corentin de Salle qui considère que libéralisme et néolibéralisme sont une seule et même pensée. Tout cela pour fustiger Madame Cadelli : « Manuela Cadelli s’attaque en réalité, quoi qu’elle en pense, au « libéralisme ». Le libéralisme est-il un fascisme ? Je n’ai guère coutume de citer cet individu de noire mémoire mais je pense que Benito Mussolini, le premier grand théoricien du fascisme, a dit une chose significative : « Le fascisme est absolument opposé aux doctrines du libéralisme, à la fois dans la sphère politique et dans la sphère économique ». » Donc, en considérant que le néolibéralisme est un fascisme, Manuela Cadelli attaque en réalité le libéralisme !

Alors, si on suit bien le raisonnement du directeur scientifique du Centre Jean Gol, les libéraux sont complices du coup d’Etat de Pinochet. Cela n’a évidemment aucun sens. Le plus inquiétant est que le MR qui se « droitise » de plus en plus, ait confié son « think tank » à ce personnage.

Et Corentin de Salle insiste et c’est l’aveu : « Une économie est libérale, nous dit Milton Friedman, quand l’Etat prélève environ 30 % des richesses produite. Au-delà, elle devient socio-démocrate. Nous sommes aujourd’hui à 60 % de prélèvements ! Depuis plusieurs années, les divers gouvernements en Belgique votent des budgets en déficit. Les gouvernements s’endettent. En 2014, à l’issue du gouvernement Di Rupo, l’endettement représentait plus de 106 % du PIB. En Allemagne et aux Pays-Bas, ce taux oscille autour de 70 % seulement. Mais le réel n’entame en rien les convictions idéologiques des antilibéraux qui mobilisent constamment toute une rhétorique religieuse (l’« orthodoxie budgétaire », le « respect inconditionnel des sacro saints principes néolibéraux », le « dogmatisme de la rigueur ») visant à ridiculiser ceux qui appellent simplement non pas à diminuer l’endettement, non pas à diminuer l’accroissement de l’endettement mais tout simplement à freiner la vitesse de l’accroissement de l’endettement. Les Français sont généralement les plus imaginatifs pour fustiger ces principes « intangibles » d’équilibre budgétaire. Tellement « intangibles » que la France n’a pas voté un budget en équilibre depuis… 1975. »

Donc, Friedman est un économiste libéral et l’Etat ne devrait relever que 30 % des richesses produites. Autrement dit, plus de sécurité sociale, plus de services publics ; seules l’armée et la police – et encore – resteront sous le giron de l’Etat. Quant à la démonstration archiconnue sur la dette, on peut opposer le sous-investissement public qui pose le problème de l’avenir d’activités essentielles comme l’enseignement, la culture, la recherche scientifique et surtout la structure de la dette publique qui génère le surendettement public et qui est au seul avantage des banques ! Et le contradicteur de Madame Cadelli termine en démontrant l’efficacité de la politique actuelle du gouvernement belge.

Notons que, curieusement, il ne parle pas de l’état lamentable dans lequel se trouve la Justice dénoncé par Manuela Cadelli. Enfin ! Cela fait partie de la réduction des dépenses… Pour Corentin de Salle, « Le libéralisme n’est pas un fascisme. Le libéralisme est un humanisme. » Personne ne dit le contraire, mais le néolibéralisme, lui, est un fascisme. Oui, certainement !
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