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jeudi 25 juin 2015

C'était Dazibaoueb, site d'informations mutualisées

Dazibaoueb, l'association, est née le 17 juillet 2008, date de la décision préfectorale d'acceptation des statuts.






Cette association avait pour but "de créer, d'animer un site où chacun [serait] le passeur ou le relayeur d'une information". Bien entendu chacun pouvait ensuite commenter, débattre sur ces informations. Pourquoi Dazibaoueb ? Ce terme bizarre est l'association de deux mots, un terme chinois et la transcription français d'un nom commun anglais.

Le Dazibao est une institution très ancienne de la Chine impériale. Il consistait en un panneau, dressé souvent en face d'un édifice public, où chacun pouvait venir faire une déclaration écrite sur la politique du représentant local de l'empereur. C'était de la liberté d'expression à l'état pur.

Le oueb, phonétiquement, désigne "le Web", la Toile, l'interconnexion de tous les serveurs informatiques de la planète au bénéfice de l'information pour tous et par tous. On se souvient que ce sont deux hommes qui l'ont inventé, se servant des premières interconnexions en réseau des serveurs entre différents pôles scientifiques.



 





Ces deux hommes Tim Berners-Lee, un étatsunien, et Robert Cailliau, un belge, travaillaient au CERN, le pôle mondial de la recherche sur le noyau de l'atome, situé sous terre à cheval entre la suisse et la France, près de Genève. Pour communiquer leurs recherches aux autres scientifiques du monde, ils ont créé un langage permettant aux ordinateurs de se communiquer des données, des photos, des graphiques, des vidéos. Et en vrais scientifiques, ils ont rendu entièrement libres leurs recherches et le résultat de celles-ci. C'est le protocole HTML, et tout ce qui en découle.

Donc, Dazibaoueb avait pour mission de permettre à chacun de lire, d'intervenir, de donner informations, avis, compléments d'enquêtes. C'était une sorte de "service public" indépendant, ce que ne sont pas, par exemple, les sites liés à des titres de la presse papier. Et pour être plus indépendant et plus performant encore, il avait été écrit non à partir d'un générateur de sites comme Wordpress ou Joomla, mais "mot à mot" en PHP, avec des routines en Javascript pour les fonctions habituelles telles que l'éditeur de texte. C'est pourquoi Dazibaoueb avait tendance à être plus réactif, plus rapide que la plupart des sites.

Le projet datait du début de 2008, avec l'écriture du site. Il a pris fin à  l'automne 2011. A ce moment-là, l'équipe qui l'animait, avec un Webmaster-concepteur du site, deux modérateurs, et plusieurs correspondants réguliers dont un traducteur pour l'anglais et un autre pour l'arabe, a passé la main gratuitement à un autre webmaster aux conceptions évidemment un peu différentes. Les intervenants étaient très fatigués, pour avoir couvert au maximum deux évènements quasi-simultanés : la catastrophe de Fukushima, et la guerre de Libye.

En Libye, le webmaster était en contact journalier (par chat en anglais) avec le seul journaliste libyen indépendant en Cyrénaïque, Mohammed Nabbous. Avec "Mo", comme on l'appelait, nous étions en direct avec le terrain, où il traquait les infos avec une camera d'amateur. Jusqu'au jour où il a commencé à mots couverts à parler de personnes, de matériels, "qui ne devraient pas être là".  Quelques jours plus tard, le 19 mars 2011, c'est son épouse enceinte qui nous a prévenus en même temps que Streetpress qui travaillait aussi avec lui. Il venait de recevoir en pleine tête la balle d'un sniper. Il devait gêner, malgré ses précautions.

Pour le Japon, levé toujours tôt, je prenais connaissance des dépêches de la NHK en anglais, et je traduisais les plus importantes pour que, dès le matin, les lecteurs soient au courant. Depuis, la NHK a considérablement réduit les nouvelles concernant Fukushima.

Cette période haletante a fini par essouffler l'équipe, d'où cette décision commune d'arrêter. Le nom Dazibaoueb existe toujours, mais devenu disponible après l'arrêt par le repreneur de son utilisation, il n'a plus rien à voir avec son dessein originel.

BAB

vendredi 19 juin 2015

Le Code du Travail est obèse ( Charles Hoareau, Rouge Midi )

Le code du travail est obèse

Tant que c’était les patrons qui le disaient on pouvait avoir des doutes, mais là si ce sont des « socialistes » comme Robert Badinter et Antoine Lyon-Caen qui l’affirment on ne peut qu’approuver.
Et quand Dominique Seux, l’incontournable éditorialiste de France Inter qui nous explique gentiment tous les matins en quoi la lutte des classes et toutes celles et tous ceux qui y croient sont dépassés, quand Dominique Seux donc, le journaliste du MEDEF, donne raison à ces brillants hommes de « gauche » on ne peut que se réjouir du consensus enfin trouvé pour le bien du pays et de ses masses laborieuses, euh pardon, de ses collaborateurs enthousiastes.

3000 pages pour le code du travail c’est beaucoup trop : il faut réduire. D’autant que ça économisera du papier et donc des arbres. La modernisation et la simplification au service de l’environnement, voilà une idée qu’elle est bonne !

Elle est tellement bonne que Rouge Midi a décidé de participer lui aussi à ce nécessaire choc de simplification et d’apporter ses propositions en ce sens. Lectrices et lecteurs à vous de dire.

Le code du travail actuel est divisé en 8 parties :
La partie I est consacrée aux relations individuelles de travail.
La partie II est consacrée aux relations collectives de travail.
La partie III porte sur la durée du travail, le salaire, l’intéressement, la participation et l’épargne salariale.
La partie IV a été conçue de sorte de pouvoir intégrer des textes réglementaires - décrets et arrêtés importants.
La partie V est consacrée à l’emploi.
La partie VI porte sur la formation professionnelle.
La partie VII intègre les professions et activités soumises à un régime particulier.
La partie VIII contient les dispositions régissant le contrôle de l’application de la réglementation du travail.

Voici donc nos propositions de simplification et de réécriture qui ne demandent qu’à être retravaillées

Préambule
L’emploi est un droit et tout salarié momentanément sans emploi doit, conformément à la constitution française, bénéficier d’un salaire de remplacement.

Nul n’a le droit de s’enrichir du travail des autres.

Les richesses produites par les activités humaines sont la propriété collective de la nation prise dans sa globalité et ce, indépendamment de la nationalité des individus qui la composent.

Le droit du travail est défini par les articles ci-après. Aucun accord collectif ne peut prévoir des dispositions dérogatoires par rapport à ceux-ci qui constituent un plancher de droit social.

- Partie I
Article 1 : tout salarié, sauf disposition décidée par le collectif de travail, pour des raisons d’activités temporaires, sera embauché en CDI avec une période d’essai d’un maximum d’un mois. Les CDD constituent l’exception et ne peuvent être renouvelés qu’une fois.
Article 2 : les licenciements économiques sont interdits (NDLR cet article supprime beaucoup de pages à lui tout seul)
Article 3 : en cas de mutation ou de baisse d’activité le collectif de travail a obligation de reclasser le salarié dans un autre secteur d’activité. (NDLR simplification)
Article 3 : si le collectif veut se séparer d’un salarié qui aurait commis une faute, celui-ci a un droit de recours suspensif devant le conseil de prud’hommes.

- Partie II
Article 1 : la propriété privée des grands moyens de production et d’échange étant interdite, c’est aux collectifs de travail qu’il appartient de décider les choix de gestion. Pour ce faire ils élisent leurs directions et celles-ci sont révocables à tout moment par référendum du collectif.
Article 2 : il est défini un certain nombre d’activités relevant du bien commun et des services qu’on appelle services publics. Ceux-ci sont gérés, comme indiqué à l’article I de la présente partie et sur des critères de réponse aux besoins et en aucun cas sur des critères de rentabilité.
Article 3 : pour les échanges internationaux il est interdit à un collectif de travail de spolier des travailleurs d’un pays étranger. Les échanges doivent se faire dans un souci de co-développement et de progrès social partagé. En cas de litige et en l’absence actuelle d’institution internationale respectueuse de la souveraineté des peuples, ce sont les accords de collectifs à collectifs qui trancheront.

- Partie III
Article 1 : la durée du travail est immédiatement abaissée, sans perte de salaires, à 32h et progressivement au-delà au fur et à mesure des besoins en emplois du pays. Les temps partiels imposés sont interdits.
Article 2 : tout travailleur a droit à prendre sa retraite à 60 ans étant entendu que les années d’études après le bac comptent pour le calcul des annuités.
Article 3 : Nul ne peut être embauché à un salaire inférieur à celui défini par le monde du travail et nommé SMIS (Salaire Minimum Interprofessionnel Social). (NDLR simplification, plus de dérogation)
Article 4 : l’écart entre le salaire minimum et maximum ne peut excéder le rapport de 1 à 5. Ce rapport a vocation à diminuer dans le temps.
Article 5 : l’évolution des salaires suit l’échelle mobile selon des critères fixés par les organisations syndicales de travailleurs. (NDLR : suppression de tous les articles et décrets sur l’intéressement, la participation et l’épargne salariale devenus inutiles)

- Partie IV
NDLR Elle est profondément remaniée et raccourcie en fonction des articles qui précédent (à peine 10% de la partie actuelle).

- Partie V
Le droit à l’emploi étant garanti par la constitution, cette partie est considérablement allégée
Article 1 : le gouvernement, en accord avec les organisations syndicales, définit tous les 5 ans un plan de développement des activités du pays nécessaires aux besoins de la population.
Article 2 : L’inspection du travail dispose des moyens nécessaires pour que soit garanti à toutes et tous un emploi et ce quelle que soit sa nationalité ou son handicap.
Article 3 : Il appartient aux organisations syndicales et aux salariés du ministère du travail de définir annuellement les missions et les moyens de l’inspection du travail afin que son efficacité soit garantie.

- Partie VI
Article 1 : la formation professionnelle continue, rémunérée comme un temps de travail, tout au long de la vie est un droit. Chaque année les collectifs de travail et leurs institutions représentatives définissent un plan de formation qui ne peut être inférieur à 10% du temps de travail total.

- Partie VII
Article 1 : aucun régime particulier ne peut être inférieur au régime général défini ci-dessus

- Partie VIII
Article 1 : les organisations syndicales non compromises avec le grand patronat et indépendantes de celui-ci bénéficient d’une représentativité irréfragable. Elles sont, avec l’inspection du travail et comme défini ci-dessus (Partie 5, article 3) le garant de l’application du droit social y compris dans les TPE et PME selon les dispositions réglementaires définies dans la partie IV
Article 2 : les IRP (institutions représentatives du personnel CE, DP, CHSCT et seuils) sont rétablies comme avant la loi de 2005. Les DUP [1] sont donc supprimées. Les IRP sont renouvelées au maximum tous les deux ans. Pour les TPE et PME des institutions élues spécifiques sont élues sur le même modèle en regroupant les entreprises d’un même secteur géographique ou professionnel.
Article 3 : les IRP ont voix délibérative sur toutes les questions touchant à leur collectif de travail.

Ce n’est pas plus simple et moins « obèse » ?

Ensuite on s’attaquera au code de la finance qui fait lui aussi 3000 pages et dont curieusement Dominique Seux, Robert Badinter et consorts ont oublié de parler...

Charles Hoareau, in Rouge midi.

[1] Délégations Uniques du Personnel qui fondent en une seule instance les CE et DP dans les entreprises de moins de 200 salariés réduisant par là même le nombre de délégués et donc leurs moyens d’intervention
»» http://www.rougemidi.org/spip.php++cs_INTERRO++article8939
URL de cet article 28809

jeudi 18 juin 2015

"Depuis l'temps, depuis l'temps que j'l'attends" - le 18 juin 1815, commémoration


Certains parlent à propos du 18 juin, de l'Appel : certes c'est une date importante à commémorer chaque année. Pourtant cette date-ci est particulière, vu qu'elle rappelle le nom d'une certaine gare de Londres.

Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D'un côté c'est l'Europe, et de l'autre la France !
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l'espérance
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
O, Waterloo ! je pleure, et je m'arrête, hélas !
Car ces derniers soldats de la dernière guerre
Furent grands; ils avaient vaincu toute la terre.
Chassés vingt rois, passé les Alpes et le Rhin,
Et leur âme chantait dans les clairons d'airain !....

( Victor Hugo, Les Châtiments - l'expiation )


Dans la plaine si uniforme au sud de Bruxelles, se joua un sort immense. Deux cents ans plus tard, nous en payons encore le prix. De tyran, un homme se transforma en légende.

Ce soir, et pendant quatre jours, des commémorations rappelleront divers épisodes de cette bataille des Nations, qui par son âpreté servit de prémices pour la constitution de nationalités qui n'existaient pas, en Italie, en Allemagne.... 

Nous compterons les médias qui relateront cet évènement : nul doute qu'en France ils ne seront pas nombreux, à moins que le souci de rabaisser notre pays une fois de plus ne leur donne des ailes.

mercredi 17 juin 2015

Certains comparent Macron à Mozart, quand il prend son pied en pointure 49-3

Wolfgang Amadeus Mozart montrait très tôt des dispositions pour la musique, ce qui a amené ses parents à le dresser comme un animal de foire. Il n'eut pas d'enfance.  Précipité dans un univers d'adultes frivoles et égoïstes, il n'a jamais pu mûrir vraiment. C'est bien pourquoi je trouve sa musique torturée, et cela fait mal. Il y a une part de clinquant, une part de souffrance, une part de lugubre égoïste, du moins c'est ainsi que je le ressens, et le ressenti n'est pas agréable même si sa musique est grande. 






Quant à Macron, c'est un hyperdoué au service du Pire, sans doute un gosse bien orienté vers certaines filières, trop bien orienté vers l'accessoire érigé comme un Absolu. Quand l'outil devient le Dieu, quand le regard et les aspirations se tendent presque en orgasme vers la magnification de l'inégalité, du PROFIT-POUVOIR, et que plus rien d'autre ne compte, alors c'est une sorte de prostitution sacrée de l'esprit. C'est sans doute en ce sens-là que Macron, dans son genre, mais d'autres aussi, est une sorte de Mozart. 

samedi 6 juin 2015

L'opération Charlie et le maintien terroriste de l'ordre

Vu, lu, et approuvé cet article passé sur le Grand Soir....


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Le sang et la boue par tous les pores. L’opération Charlie et le maintien terroriste de l’ordre

Que nous fussions en guerre, nous n’avons pas attendu la tuerie de Paris du 7 janvier pour le comprendre. La déclaration par les faits du 11 septembre 2001, commentaires ’experts’ ou autorisés en général compris, était déjà assez éloquente à cet égard. Mais qui sommes-’nous’ qui sommes en guerre, de quelle guerre s’agit-il ?
Ce ’nous’ n’est ni l’Empire, qui prétend défendre nos ’valeurs’, ni, sans absurdité, le terrorisme. Nous sommes en guerre parce que l’Empire nous déclare la guerre à nous qui ne sommes ni l’Empire, ni le terrorisme. Nous sommes toute forme de vie rechignant ou même seulement susceptible de rechigner à passer par le lit de Procuste du machinisme capitaliste mondialisé. Cette guerre, précisons-le d’emblée, c’est l’Empire lui-même qui nous l’a déclarée. Non que nous fussions en paix avec lui avant qu’il ne nous déclarât sa guerre, mais nous nous trouvons depuis longtemps et peut-être même depuis toujours, et sans remède, hors d’état de mener une guerre victorieuse contre lui, à moins de nous confondre paradoxalement avec lui. Car, quelles que fussent les apparentes victoires de la figure jadis de ce ’nous’, le mouvement ouvrier, elles ne furent jamais que victoires à la Pyrrhus, ces victoires qui font devenir semblables à l’adversaire. L’adversaire était et reste cette folle et monstrueuse méga-machine ’suant le sang et la boue par tous les pores’, comme dit Marx, qui a nom ’modernité’, c’est-à-dire, ajoute Mario Tronti avec perspicacité, ’le capitalisme’ sans phrase [1]. En outre, ajoute P. G. Bellocchio [2], il est trop fort pour être combattu selon ses propres méthodes.
Cette guerre n’est donc pas chose nouvelle et n’entraînera pas de bouleversements juridiques fondamentaux nouveaux, semblables à ceux intervenus aux États-Unis d’abord, immédiatement au lendemain des attentats de New York et Washington, puis déclinés en langages juridiques nationaux dans le reste des provinces européennes de l’Empire étasunien. La portée de ces bouleversements intervenus dans le champ du droit pénal et de la procédure pénale, qui ont connu nombre de jalons à partir des Patriot Acts I et II, sous Bush jr., jusqu’à Obama, étendant en 2009 le principe des Military Commissions Acts de 2006 aux juridictions civiles, fut de nature à enterrer l’État de droit et son fameux habeas corpus, cette vieille gloire des temps modernes, et à nous installer dans la dictature souveraine. Carl Schmitt, en 1921, fait contraster cette dernière avec ce qu’il appelle la dictature de commissaire héritée de la Rome antique et rangée classiquement par Montesquieu dans L’Esprit des lois, II,3, avec les inquisiteurs d’État, parmi ces « magistratures terribles, qui ramènent violemment l’État à la liberté » [3]. La dictature souveraine n’a donc pas pour objet de ramener à la ’liberté’ ; elle n’est pas l’action indéterminée du pouvoir constitué, mais l’action indéterminée d’un pouvoir constituant. Elle inaugure une nouvelle forme d’État.
Le propos ici n’est pas tant, comme Žižek le reproche à certains observateurs [4], de chercher à dissoudre la nouvelle attaque de prétendus terroristes désespérés dans le terrorisme structurel de l’Occident, et la responsabilité des uns dans celle de l’autre. L’Occident capitaliste mondialisé, conforme à l’essence exterministe de son pouvoir totalitaire, s’illustre pourtant bel et bien par la dévastation d’un monde transformé en vaste aire de jeu pour des multinationales qui équarrissent la biosphère, muent cette dernière en immense déchetterie humaine aussi bien que non humaine et vendent les ersatz pollués de ce qui, désormais d’elles détruit, était abondant et gratuit ; elles fournissent en outre les accessoires nécessaires à l’accomplissement de la forme de vie nuisible qu’engendre le mode de production insensé dont elles sont le couronnement et que nous appelons sans aucun humour ’civilisation’ et ou encore ’valeurs occidentales’. Que ce même Empire, s’en allant ’droner’ aux antipodes, c’est-à-dire liquider à très grande distance, sous bannière ’démocrate’, des ’profils terroristes’ de non-combattants, fasse passer sa croisade contre la vie pour une guerre au terrorisme est donc d’une obscénité comparable seulement à celle de l’aplomb avec lequel ses nouveaux Croisés arborent haut et fort l’étendard de la liberté de presse, qui n’est que prostitution aux intérêts dominants des dévastateurs – sans parler de l’indécence des cris d’orfraie de ceux qui, la veille des faits, luisaient de la plus pure indifférence à la torture qu’inflige au reste du monde (mais pas seulement) notre remarquable modernité [5]. La presse ’libérée’ n’est dès lors que cette marchandise servant la circulation de toutes les autres et la congratulation de l’état de choses existant [6], quand elle n’est pas, comme dans le cas de Charlie Hebdo, le déversoir commode de la vase raciste ambiante, tournée contre les plus humiliés des exploités, les musulmans immigrés, et déguisée en aimable pastiche des religions [7].
Ces griefs élevés contre ce que nous appellerons ’l’opération Charlie’, c’est-à-dire, sans parler des faits eux-mêmes, le battage médiatique et sa réception au moins partiellement réussie, ont déjà été formulés courageusement, eu égard au climat de haine furieuse qui, sévissant partout en ce moment, voudrait faire litière de notre dignité, c’est-à-dire de notre intelligence, en se vautrant dans ce ’surcroît d’adhésion’ à la version officielle des faits qui convertit joyeusement l’épreuve dolente du défaut de sens qui la caractérise, défaut que cette version exhibe à même elle-même [8]. Or précisément, notre seule réserve vis-à-vis de ces griefs, qui interrogent légitimement les notions de terrorisme et de liberté d’expression, concerne le présupposé que leurs auteurs semblent faire leur, à savoir la réalité du terrorisme des autres. Par réalité, nous entendons ici ce qui subsiste de soi, et qui ne soit pas de l’ordre du simple fabricat. Pourtant, de ce peu de réalité, il n’est pas jusqu’au New York Times qui ne nous ait invités à en former le soupçon [9]. Pour dissoudre le terrorisme des autres dans le terrorisme occidental, encore faudrait-il qu’il y ait quelque chose à dissoudre. Or nous gageons que le terrorisme, c’est l’Occident capitaliste mondialisé, et qu’il n’y en a pas d’autre.
Sortir de l’état de sidération, selon l’expression de J.-Cl. Paye, dans lequel cherche à nous installer le pouvoir est à l’heure qu’il est une urgence absolue. Il nous faut sortir de cet état de désarmement mental qui menace de nous envoyer à l’abîme. Des signes favorables apparaissent pourtant, et la stupeur dans laquelle on cherche à nous figer n’a pas encore eu raison du dégel qu’annonce un peu partout en Europe l’effondrement des légitimités politiques traditionnelles, même si, dès le lendemain des nouveaux attentats, l’on appelle déjà les acteurs sociaux à faire prévaloir la cohésion sociale sur la discorde [10]. Pareil effondrement suit de près, heureusement, l’épuisement du crédit hier encore accordé au préjugé de neutralité en termes de pouvoir de la mission ’économique’ des multinationales. À l’heure où s’écrivent ces lignes, l’armée est postée dans les rues des grandes villes belges. Mais la victoire de SYRIZA, loin d’être une fin en soi, bien entendu, pourrait être l’étincelle mettant le feu à la plaine des courages et des désirs de vivre. Il s’agit pour cela de refuser la destruction de la raison que projette pour nous depuis 2001 au plus tard la mutation de la forme d’État dans les métropoles du monde au moins. Le capitalisme mondial est en proie aux convulsions de sa phase terminale, qui est aussi celle de la biosphère dont nous faisons partie. Nous sommes donc les otages de ce monstre mortel. La bête aux abois engendre les ennemis dont elle a besoin pour alimenter l’attitude d’abandon à son égard qu’elle attend et obtient trop souvent des populations gouvernées. La réception des attentats récents nous convainquent qu’il est plus difficile de cesser de croire à l’État-mère [11] qu’à Dieu le Père. Nous sommes jetés dans la gueule de l’ogre et aucun grand Autre n’offre la garantie d’ultime sauvegarde à l’espèce humaine. Mais seule serait linéaire ou laminaire une histoire de ce moulin à mort capitaliste purifiée de tout ce qui lui résiste. Or une telle histoire est ’polluée’ de celle de ce qu’elle saccage, puisqu’elle ne peut faire autrement que s’en nourrir tout à la fois : notre histoire à nous, qui est celle du parti de vivre et qui est turbulente, ouverte, imprévisible, faite de nœuds, mais aussi de tourbillons, d’embardées, de revirements, de décisions brusques, massives et impersonnelles. Nous sommes cette ouverture.
Jean-François Gava
collaborateur scientifique au Centre de recherche en philosophie de l’Université libre de Bruxelles et militant du parti belge francophone et écosocialiste VEGA. Il est notamment l’auteur d’Autonomie ou capital, Chromatika, 2011. Il travaille en étroite collaboration avec l’essayiste Jonas Vigna Carafe.
»» http://www.academia.edu/12353748/Le_sang_et_la_boue_par_tous_les_pores...
[1Nous opéraïstes, L’Éclat, 2013.
[2Dans Nous sommes tous des zéros satisfaits, Encyclopédie des nuisances, 2011.
[3La dictature, Seuil, 2000. Cf. au sujet de tout ceci Jean-Claude Paye, La fin de l’État de droit, La dispute, 2004, Global war on liberty, Telos press, 2007, pour une édition augmentée parmi d’autres, plus récentes, mais toujours en langues étrangères.
[6Cf. le journaliste belge Alain Penasse, http://www.kairospresse.be/content/nous-ne-sommes-pas-tous-charlie
[7Et ce, même si les œuvres de Wolinski, Charb, Tignous et Cabu ne sauraient se réduire à cette dérive dénoncée par d’ex-collaborateurs de Charlie eux-mêmes, comme ici par Delfeil de Ton : http://www.france24.com/fr/20150115-france-ancien-charlie-hebdo-regle-.... Cf. l’historien israélien Schlomo Sand, http://www.ujfp.org/spip.php?article3768.
[8Voir Jean-Claude Paye, dans le quotidien belge La Libre Belgique : http://www.lalibre.be/debats/opinions/questions-autour-de-la-carte-d-identite-d-un-terroriste-54b55f5735703897f82fc246 ; mais aussi Manlio Dinucci, dans le quotidien italien Il Manifesto, http://ilmanifesto.info/la-firma-dei-killer-noti-alla-polizia-e-ai-ser...
[10Voir l’inénarrable hebdomadaire belge Le Vif-L’Express, du 16 au 22 janvier 2015, p. 19.
[11Selon l’expression de J.-Cl. Paye et T. Umay dans leur ouvrage inédit Au-delà de la propagande, en-deçà du langage.
URL de cet article 27881

vendredi 29 mai 2015

29 mai : dix ans de NON, dix ans de galère




Le 29 mai 2005, le Peuple français, après maintes discussions sur un texte volontairement aride, et malgré une propagande énorme de l'oligarchie, décidait de dire NON à l'union européenne, non au traité, non aux traités précédents tous présents dans le texte proposé. Un sondage IFOP datant de quelques jours, publié ce jeudi sur le site du Figaro, amplifie cette détermination, puisque selon ses conclusions ce sont 62% des opinions exprimées qui réitèrent ce NON. A l'époque 54,85% des suffrages exprimés avaient déjà donné ce choix.


C'est un rude camouflet pour le gouvernement, aussi bien celui de l'époque que celui qui l'a remplacé aujourd'hui. C'est un rude camouflet pour la "représentation parlementaire" qui a accepté d'approuver le 4 février 2008 ce véritable coup d'État contre le seul souverain : le Peuple.

Depuis ce jour-là, "nos représentants" (ou ceux de leurs sponsors ?) ont multiplié les votes aggravant encore ce choix fait contre les citoyens, alors qu'ils n'ont plus aucune légitimité pour ce faire. Le code électoral est ainsi rédigé, de façon à ce que dans tous les cas les scrutins aillent à leur terme, abstentions  record, ou pas.

Allons-nous longtemps encore laisser ces politiciens agir ainsi, impunément, grâce aux lois qu'ils ont eux-mêmes votées pour s'auto-protéger ?

SORTONS de l'union européenne. Tout de suite. Nous en avons toute la légitimité.

vendredi 8 mai 2015

8 mai 1945 et les massacres de Sétif

Le soulignera-t-on assez ? C'est le soixante-dixième anniversaire d'un bien triste évènement, perpétré par des soldats français en Algérie.


Les "exécutions" se sont prolongées les jours suivants, entre autres à Guelma et Kherrata. Le bilan en est très lourd : si "les Européens" ont eu une centaine de tués, Berbères et Arabes ont subi un nombre (contesté en plus ou en moins) qui pourrait avoisiner les dix mille personnes massacrées. Le clivage deviendra irréversible, et aboutira à l'indépendance en 1962 après une guerre longue et souvent fratricide.

Huit mai 1945, une date qui aurait pu être celle de la fin d'un cauchemar....

jeudi 7 mai 2015

A l'ambassadeur de Russie - A l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la victoire sur le nazisme

Monsieur l'Ambassadeur
Ambassade de Russie
40, Boulevard Lannes
75116 PARIS

le 7 mai 2015 (copie de la lettre envoyée pour le 9 mai)


Monsieur l'Ambassadeur,

Il y a soixante-dix ans, s'achevait enfin le conflit le plus meurtrier qu'ait pu connaître votre pays. Dix-sept millions de victimes civiles, dix millions de soldats tués au combat. Une perte immense dont même un grand pays comme le vôtre ne se remet jamais totalement. En même temps, fut brisée la pire menace militaire de tous les temps, brandie par un homme devenu fou à la fin. Menace que des irresponsables « Occidentaux » s'ingénient actuellement à reconstituer dans ce qu'on appelait autrefois « la Petite Russie », berceau de la Grande.

Simple citoyen français, je vous prie de me permettre de vous adresser à la fois mes félicitations pour cette commémoration, et mes remerciements à tous les humbles citoyens russes qui ont tant souffert et ont tant donné pour que le Monde Libre vive. Sachez que très nombreux sont les Français qui savent ce qu'ils doivent à vos compatriotes, et qui enragent de voir la tête de leur pays trahir la multiséculaire amitié entre nos deux peuples.

Je vous prie d'agréer, Monsieur l'Ambassadeur, l'expression de ma plus profonde considération.

bab

vendredi 1 mai 2015

Bonne fête des travailleurs, bon premier mai !

En l'honneur des travailleurs assassinés en 1886 !

Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel, August Spies et Louis Lingg seront en effet condamnés à mort sans preuve en raison d'une bombe qui tue un policier le 3 mai 1886. La grève initiée par des anarchistes en raison de conditions de travail épouvantables n'est en effet pas terminée le 3 du même mois. C'est à Chicago que se déroulèrent ces funestes évènements.



Le premier mai est désormais la fête des travailleurs dans le monde entier, même si "les syndicats" actuels et les "médias" parlent de fête du travail : grossière manipulation ! On notera d'ailleurs que systématiquement les défilés organisés chaque année en cette date anniversaire se déroulent soigneusement en ordre dispersé. Il ne faut surtout pas que les travailleurs se rendent compte de leur force tous ensemble, voyons ! C'est au point qu'aux États-Unis cette date est depuis longtemps reportée au premier lundi de septembre.

Debout, les damnés de la Terre....

vendredi 24 avril 2015

Définition réelle de la démocratie en France







49,50 % des citoyens, éclairés, ayant exprimé leur suffrage, sont obligés de subir la dictature de personnages auxquels 50,50% d'électeurs fourvoyés par la propagande ont apporté au hasard leur vote. A chaque fois cela recommence, seuls les candidats des "partis" pourris de fric peuvent agiter suffisamment de poudre aux yeux pour obtenir ce résultat C'est le non-sens total.

Quand, pardessus le marché, le "choix" est particulièrement fermé, les électeurs potentiels ne se déplacent même plus, c'est d'une faible fraction des citoyens que les oligarques détiennent un semblant de légitimité : autant dire que cela ne possède aucune valeur.

Ne sommes-nous pas exactement dans cette situation-là ? Bien entendu, comme c'est le seul scrutin qui ait une valeur réelle, les genzenplaces se garderont bien désormais d'interroger les citoyens au moyen d'un référendum. Déjà le dernier en date a indiqué que le Peuple français refusait de se faire enfermer dans une union européenne bidonnée et catastrophique. Cela a donc obligé les oligarques à s'asseoir dessus malgré un résultat fort clair. En langage poli, on appelle cela un coup d'État. En faisant moins de façons, il faut avouer que c'est un f...... de g..... bien dans les manières de personnages issus d'une autre culture, voire d'une absence de culture.

Qui osera, sur ces quelques mots, parler encore de la démocratie française ?

jeudi 23 avril 2015

POUR UNE INSURRECTION ARTISTIQUE, INTELLECTUELLE, SCIENTIFIQUE ET POPULAIRE CONTRE LA POURSUITE DE LA CONTAMINATION RADIOACTIVE DE LA PLANÈTE

Note de Bab : je répercute cet appel, parce que je considère que c'est mon devoir de contribuer à ce que chacun soit conscient de notre avenir..

(vu sur :  http://blogs.mediapart.fr/edition/revoltes/article/220415/insurrection-artistique-intellectuelle-scientifique-et-populaire-contre-la-poursuite-de-la

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Billom, le 22 avril 2015
 Bonjour,
 Vous allez lire ci-après l’appel:
POUR UNE INSURRECTION ARTISTIQUE, INTELLECTUELLE, SCIENTIFIQUE ET POPULAIRE CONTRE LA POURSUITE DE LA CONTAMINATION RADIOACTIVE DE LA PLANÈTE.
Comme nos aînés depuis 70 ans, Frédéric Joliot-Curie, Günther Anders, Bertrand Russel, Alice Stewart, Rosalie Bertell, Solange Fernex, Bella et Roger Belbéoch… nous considérons que la contamination radioactive est ce qui arrive de pire pour les générations actuelles et surtout futures.
Nous ne sommes pas dans une période historique durant laquelle de « grandes voix » s’élèvent contre la folie des hommes.
Aujourd’hui la circulation des « alertes », des idées, des prises de position, des rassemblements et autres occupations de sites se fait au niveau des réseaux sociaux sans véritable leadership.
C’est dans cet esprit que nous (compagnie théâtrale engagée depuis plus de 15 ans dans la prise de conscience que l’« hiver nucléaire » est en marche) lançons cet appel.

À vous de vous en saisir, d’y répondre si vous vous sentez concerné et de le diffuser le plus largement possible.

Comme la plupart des lanceurs d’alerte, nous n’avons aucun moyen financier pour faire connaitre cet appel.
Nous comptons sur vous, sur les réseaux sociaux, les médias, et les associations d’éducation populaire (parmi lesquelles syndicats et partis politiques) pour élargir son audience.
Nous proposons de coordonner et de tenir informé chaque personne qui nous donne son adresse mail à partir du bulletin de liaison de notre compagnie: QU’EST CE QU’ON FAIT MAINTENANT?
Avec ses 58 réacteurs et 1100 sites renfermant des déchets nucléaires, la France détient le record du pays le plus nucléarisé au monde par rapport au nombre d’habitants.
À ce titre, nous avons une responsabilité particulière et historique.
Nous nous donnons une année pour inverser irrémédiablement le cours des choses.
Bien à vous.
Pour Brut de béton production, Bruno BOUSSAGOL, metteur en scène.



texte de l'appel :
Pour une insurrection artistique, intellectuelle, scientifique et populaire contre la poursuite de la contamination radioactive de la planète. 

" Ce qu'il y a encore d'infernal dans ce temps, c'est de s'attarder artistiquement sur des formes au lieu d'être comme des suppliciés que l'on brûle et qui font des signes sur leur bûcher" Antonin Artaud

Préambule 
L’avenir contaminé de la planète par la radioactivité n’est pas une possibilité mais une réalité dont nous pouvons seulement décider d’en interrompre le cours. L’alternative étant de poursuivre sur cette voie et de nous préparer à de nouveaux accidents statistiquement annoncés.
Deux catastrophes nucléaires ont traumatisé les populations puis ont été intégrées au cours des choses: depuis le 26 avril 1986 celle de Tchernobyl et depuis le 11 mars 2011 celle de Fukushima.
Ces catastrophes comme celles qui menacent ont la particularité de commencer le jour de l’accident pour ne s’arrêter qu’après des dizaines d’années voire des millénaires suivant la durée de vie (on dit demi-vie ) des radionucléides « libérés »  dans l’atmosphère, la mer et les sols.

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Sacs de déchets radioactif entreposés à proximité de Fukushima (photo d’archive)

Nous n’allons pas faire le récit de ces catastrophes qui sont largement exposées sur le net.
Nous voulons juste rappeler que les industries nucléaires civiles et militaires ont causé des millions de cancers et de morts depuis 70 ans.
Il y aura effectivement 70 ans le 6 août prochain explosait Little boy (la première bonne atomique) sur Hiroshima puis le 9 août Fat man sur Nagasaki. Dés lors 2077 bombes (élégamment nommés « essais nucléaires ») exploseront dont 520 dans l’atmosphère dispersant des particules radioactives notamment à « vie longue » qui se sont disséminées depuis au gré des vents dans toute l’atmosphère terrestre. 80% sont toujours en suspension. Sans parler de l’utilisation des déchets nucléaires dans les bombes de dernière génération ni des accidents importants survenues depuis 58 ans (Windscale en 1957) dans plusieurs centrales nucléaires en Angleterre, Suisse, France, URSS et USA.
Quant aux mines d’uranium actuellement exploitées ou abandonnées, aux déchets des centrales enfouis ou immergés dans les mers, aux sous marins nucléaires échoués ou coulés, aux déchets industriels, militaires ou médicaux, leur ravage sur le vivant croît inexorablement.
Et que dire de la vie à l’orée des centrales.

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Hiroshima après l’explosion de la première bombe atomique (photo d’archive)
Nous partons de l’hypothèse que la plupart des habitants informés voudraient sortir de cet avenir contaminé mais qu’ils ne savent pas comment s’y prendre. On les comprend d’autant plus que nous-mêmes qui ne faisons que suivre nos ainés (Frédéric Joliot-Curie, Günther Anders, Bertrand Russel, Alice Stewart, Rosalie Bertell, Solange Fernex, Bella et Roger Belbéoch…) n’avons pas su interrompre cette course lente vers la contamination radioactive de l’ensemble de notre planète.

Une compagnie théâtrale lance cet appel : pourquoi?
La compagnie théâtrale Brut de béton production travaille le tragique depuis 35 ans. Tragique qui se décline depuis les années 50 comme théâtre de la catastrophe (une formule d’ Howard Barker).
À l’automne 1998, nous découvrions le livre de Svetlana Alexievitch:
LA SUPPLICATION. livre majeur du XXe siècle, livre bouleversant entre tous.
Depuis 16 ans, nous avons réalisé 10 mises en scène de cette Epopée dantesque, en France, en Biélorussie et en Ukraine et initié plusieurs festivals et « évènements » relatifs à l’art en prise avec la contamination radioactive, avec la collaboration d’artistes ukrainiens, biélorusses, allemands, suisses, italiens, anglais, français, arméniens.

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ELENA ou la mémoire du futur d’après Svetlana Alexievitch (photo Sophie Leleu)

En 2006, pour les 20 ans du début de la catastrophe de Tchernobyl, nous avons  produit LA DIAGONALE DE TCHERNOBYL, une « caravane » rassemblant jusqu’à 50 artistes, de Tcherbourg à Tchernobyl et retour au festival d’Aurillac.
Nous sommes restés un mois sur place pour participer aux commémorations et partager la vie des habitants vivant dans ou à la lisière des zones contaminées.

En mars 2011, la catastrophe de Fukushima nous a sidéré.
Mais notre détermination à refuser la perspective probable d’autres  accidents nous a amenés à « inventer » pour les Journées d’étude pour sortir du nucléaire  de Clermont-Ferrand en octobre 2012 un accident majeur dans une centrale française (celle du Blayais en Gironde) en vue d’offrir le procès des responsables à la sagacité des citoyens. C’est depuis 2 ans la tournée sans fin de L’IMPOSSIBLE PROCES.

Du 11 au 15 mars de cette année, nous avons coordonné à la Maison de l’Arbre à Montreuil LE BOULEAU, LA VIGNE ET LE CERISIER (sous-titré Tchernobyl, Le Blayais, Fukushima).
4 spectacles, un film, un bal, plusieurs expositions et débats, relayés par une cinquantaine de structures.

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 26 avril 2006: La diagonale de Tchernobyl à Tchernobyl (photo Véronique Boutroux)

Plus le temps passe, plus l’impression que nous glissons dans « l’hiver nucléaire » est tangible.
Aucune instance démocratique ni bureaucratique, aucun tribunal, aucune université n’ont été en mesure depuis 70 ans d’arrêter la folie prométhéenne des nucléocrates. Rien ne saurait les ébranler.
Ni les accidents majeurs, ni la menace d’une guerre nucléaire, ni les pertes financières faramineuses, ni les chantiers sans fin, nil’accumulation des déchets, ni les études scientifiques contredisant leurs affirmations péremptoires.
ALORS QUE FAIRE ?
Lappel
Il est temps que les individus éclairés de notre temps, conscients de l’imminence d’une nouvelle catastrophe nucléaire civile ou/et militaire aient du courage et se lèvent.
L’année 2016 devrait être l’année d’une prise de conscience populaire.
Le 11 mars 2016 sera la journée de commémoration (5 ans après) du début de la catastrophe de Fukushima et le 26 avril (30 ans après) celle du début de la catastrophe de Tchernobyl.
Partout dans le monde ces dates seront célébrées.
Il n’est pas acceptable que le lobby nucléaire décide de ce qu’il faudra penser, diffuser, dire et écrire.
Dès aujourd’hui nous: artistes, journalistes, enseignants, photographes, musiciens, comédiens, bibliothécaires, artistes de rue, scientifiques, danseurs, chercheurs, documentaristes, circassiens, poètes, responsables de salles de spectacle et de cinéma, directeurs de festival, militants anti nucléaires, mettons nous au travail pour favoriser l’insurrection des consciences contre l’avenir contaminé, produire et accueillir des lectures, colloques, spectacles, conférences, expositions, projections…

Entre le 11 mars et le 26 avril 2016, durant sept semaines que des textes soient mis en scène , d’autres lus simultanément dans plusieurs lieux, des films projetés, des photos exposées, des débats et des colloques programmés dans les amphithéâtres des Facultés, sur les places publiques, les espaces alternatifs, dans les théâtres municipaux, MJC, les Centres dramatiques et les Scènes nationales, dans les écoles et bibliothèques, dans les mairies, dans les friches.
Quune insurrection des artistes, intellectuels et scientifiques convainque les citoyens den finir avec notre avenir contaminé par la radioactivité.
Et que mille spectacles, livres, tableaux, ballets, concerts, reportages, colloques, poèmes, expositions et recherches s’épanouissent.

PS : Cet appel est lancé dès aujourd’hui afin que chacun(e) puisse réfléchir, lire, communiquer, trouver  des appuis, des financements, des forums, des lieux de représentation et d’exposition.
Brut de Béton Production se propose de coordonner cet appel à partir de sa lettre mensuelle « QU’EST CE QU’ON FAIT MAINTENANT? » .
Vous pouvez nous joindre à brut-de-beton@orange.fr
Adresse postale: BP9 6310 BILLOM
Téléphone: 06 08 22 79 71
Le 26 avril 2016
Pour Brut de béton production
Bruno Boussagol

Je signe cet appel:  
     
 Nom…………………………………Prénom………………………………………....
Structure (s’il y a lieu)……………………………………………………………..
Mail…………………………………N° de téléphone……………………………….

Je me propose de participer avec le projet suivant: 
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Brut de béton production, metteur en scène Bruno Boussagol
Téléphone: 06 08 46 69 44 / brut-de-beton@orange.fr / www.brut-de-beton.net
Adresse courrier Brut de béton production, BP9, 63160 Billom
Siège social 25 rue Montlosier, 63000 Clermont-Ferrand Licence n° 2-107808 Code APE 9001Z
Brut de béton production bénéficie  du soutien financier du Conseil régional d'Auvergne dans le cadre du programme "Education artistique" et du Ministère de la Culture et de la Communication -  DRAC Auvergne pour l'animation des ateliers d'écriture et de lecture à voix haute du collectif "Parce qu'on est là".
Conformément à la loi Informatique et Liberté n°78-17 du 06 janvier 1978, modifiée, vous disposez à tout moment d'un droit d'accès, de modification, de rectification, d'actualisation et de suppression des données personnelles vous concernant.

samedi 18 avril 2015

A BAS L'UNION EUROPÉENNE !

A BAS L'UNION EUROPÉENNE !
De toute façon, je ne cesse de le crier : le 29 mai 2005 au soir, nous en étions sortis, puisque le Peuple Souverain a refusé d'un coup tous les traités depuis l'origine, inclus dans le texte soumis au vote.

Ensuite.... ensuite il y a eu un coup d'État, et en 2008 des "représentants du peuple" qui n'avaient pas été élus dans cette optique ont fictivement entériné une mouture fort proche de la première sur le fond, ce qui n'engage en rien les citoyens. La perversité du système électoral français donnant la prééminence aux "Grands Partis", ceux qui ont le plus de pognon, fait que les mêmes ou presque sont toujours "élus" malgré une participation citoyenne en baisse sensible.
Depuis donc le 30 mai 2005 au matin nous sommes revenus dans une situation internationale antérieure au traité de Rome. Les diktats de Bruxelles, de Francfort ne nous concernent pas. Nous ne sommes plus dans l'OTAN, qui est le pendant militaire et tout aussi bruxellois du $¥$T€M€. L'OTAN est d'ailleurs l'ennemi du monde, donc de la France. Les deux pinces du chancre Washington ne nous concernent plus. Nous ne sommes plus endettés, puisque les dispositions financières obligeant l'État à n'emprunter qu'au secteur privé sont caduques. Si la loi 1973-7 a bien été appliquée, elle a aussi été abrogée par la loi n°93-980 du 4 août 1993. 
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Le drapeau dit "européen" non plus n'est pas licite : aussi bien la Grande-Bretagne que la France n'ont pas signé l'acceptation des symboles européens que sont ce drapeau et l'hymne à la joie. Ce drapeau est d'ailleurs un pied-de-nez à la laïcité, puisqu'il est un symbole "marial" explicite. 
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En tout cas la Constitution de 1958, même dans son écriture actuelle, est bien claire.

 
ARTICLE 2.
La langue de la République est le français.

L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

L'hymne national est « La Marseillaise ».

La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
ARTICLE 3.
La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum.

Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.

Le suffrage peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal et secret.

Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques.

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Oui, à bas l'union européenne, ce machin inventé par les vrais patrons de "l'Amérique", soit les banquiers privés grands actionnaires de cette banque privée qu'est le Federal Reserve System, qu'on appelle le plus souvent "la FED". Voir à ce propos ce que j'en ai écrit récemment.

A partir de cette sortie, rapide puisque nous n'avons rien à demander à personne, il sera possible de repartir sur des bases toutes différentes qui ne plairont certainement pas aux grandes fortunes, ni à leurs larbins. A chacun de nous, tous ceux qui ont compris les enjeux, d'expliquer, expliquer toujours combien un autre avenir est souhaitable. Je pense à tous ces malheureux, perdus et désespérés, qui en arrivent à voter pour le FN et ses Grands Bourgeois de patrons.

Debout, les amis, debout, il est temps. Le 29 mai nous commémorons la victoire du NON catégorique à nos tortionnaires. Profitons-en pour réaffirmer que ce NON est toujours valable, mais qu'il a seulement été bafoué. Renversons le coup d'État ! Tyrans, dégagez !